• Margaux Liagre

Actualités : comment le Danemark a géré la crise sanitaire de coronavirus ?

Mis à jour : 19 avr. 2020

Alors que la France prolonge son confinement jusqu’au 11 mai, plusieurs pays, dont le Danemark commencent à déconfiner leur population. Mais comment ce pays nordique, touché par plus de 6 000 cas et environ 300 morts, a-t-il réussi à géré cette crise ?


La Première ministre, Mette Frederiksen a annoncé la réouverture des écoles pour les élèves de 0 à 11 ans. @AFP

Alors que la France a dépassé les 15 000 décès, le Danemark semble faire exception à cette pandémie de Covid-19. Comment s’explique ce contraste ? Quels ont été les mesures prises par le gouvernement ?


Le gouvernement danois s’est illustré par sa réactivité et a décidé, dès le début de l’épidémie de fermer ses frontières. Le pays ne possède également que deux frontières avec l’Allemagne et la Suède, pays qui comptent relativement un faible taux de contamination, par rapport aux autres pays européens. La population s’est également montré coopérative en étant disciplinée et en adoptant les comportements de sécurité et d’hygiène nécessaires pour contrer la propagation du virus. Certains, revenant de pays très touchés par la pandémie, se sont même auto-confinés.


La culture danoise favorable à une gestion efficace de l’épidémie


Le télétravail n’est pas nouveau au Danemark et est ancré dans la culture du pays. Cela n’a donc pas été compliqué à mettre en place pour les habitants. Au niveau de la vie sociale également, les Danois semblent privilégier le tête-à-tête et ont un cercle social assez restreint. Ce facteur a également évité la propagation du virus sur le territoire.


Afin de sensibiliser au maximum les populations, le gouvernement a beaucoup communiqué, afin de responsabiliser chacun face à la situation. Ainsi, même si les magasins sont restés ouverts, les habitants ne s’y sont pas précipités et ont respectés la distanciation sociale nécessaire pour éviter la transmission du nouveau coronavirus. Cette distance entre les habitants s’est également naturellement imposée dans les parcs et tous les espaces publics, y compris aux feux rouges.


Cette confiance accordé aux habitants semble être efficace. Les Danois se disent satisfait de leur gouvernement. Ce dernier a également bien choisi ses mots quand il s’est adressé au pays. La Première ministre, Mette Frederiksen a, lors d’une conférence de presse, comparé le confinement à un funambule : "Si nous restons trop longtemps immobiles, nous risquons de tomber et si nous allons trop vite, cela peut finir mal. Nous devons donc avancer prudemment".


Un système hospitalier efficace


Le nouveau système hospitalier danois a gagné en efficacité et apparaît plus centralisé depuis sa réforme en 2007. Il fait preuve d'une productivité accrue et garantit à chaque patient de recevoir un traitement en un mois maximum. Les patients en sont satisfaits à plus de 90%.


C'est la réforme centralisatrice de 2007 qui a bouleversé ce système public. Les hôpitaux danois en ressortent plus flexibles et mieux armés pour faire face à une crise, comme celle du Covid-19.


Cette réforme a diminué d'un tiers le nombre d'hôpitaux, qui ne disposaient pas d'assez de lits. Elle a également fait passer de 40 à 21 le nombre d'hôpitaux publics muni de services d'urgence. Cinq hôpitaux "ultramodernes" sont aujourd'hui munis de chambres individuelles. Douze sont aujourd'hui destinés à des traitements de long terme, comme les cancers. La très grande majorité des spécialités médicales est proposée dans chacune des cinq régions du pays et les plus pointues encore ont été réparties sur le territoire.


Le secteur danois de santé est essentiellement public et gratuit. Il est financé par les contribuables, dans un des pays de l'Union européenne où la fiscalité est la plus lourde. Il possède cependant un inconvénient : en dix ans, le nombre de malades a augmenté plus rapidement que celui des médecins ou infirmières disponibles. Les syndicats dénoncent alors une pression sur le personnel médical.


Un déconfinement par étapes et prudent


Le gouvernement danois a donc annoncé la réouverture prochaine des écoles pour les élèves de 0 à 11 ans. Cependant, des précautions ont été prises. Il faudra pour cela que l’enfant n’ait pas de symptômes, que la majorité de la journée se passe en extérieur et que les enfants ne soient pas plus de deux ou trois à jouer ensemble, avec, si possible, les mêmes camarades. Cette décision permettra aux parents de retourner travailler.


Les classes de Terminale vont également reprendre, en vue des examens de fin d’année. L’ensemble des collégiens et lycéens devront attendre le 10 mai avant de regagner le chemin des classes. Selon le gouvernement, trois à quatre semaines seront nécessaires pour observer les effets du déconfinement sur le pays.


Toutefois le gouvernement reste vigilant sur les chiffres de contaminations. S’ils restent stables et que la population continue à respecter les pratiques d’hygiène nécessaires contre la propagation du virus, les réouvertures se poursuivront. "Un petit dérapage dans notre comportement individuel peut avoir un grand impact sur notre bien-être en tant que société" a prévenu la Première ministre. Les autorités espèrent réouvrir les bars et restaurants le 10 mai prochain. Les rassemblements de plus de dix personnes et les manifestations sportives ou culturelles restent, quant à elles, interdites jusqu’en juillet ou août. "Le quotidien ne va pas revenir comme avant pour le moment. Nous allons vivre avec de nombreuses restrictions pendant encore de nombreux mois" a toutefois nuancé Mette Frederiksen.


Plusieurs autres pays européens ont annoncé amorcer une phase de déconfinement. L’Autriche a ainsi présenté un plan d’assouplissement des restrictions mises en place pour endiguer la crise de coronavirus. Une "remise en marche par étapes" sera initiée à partir de Pâques. La République tchèque, qui avait interdit tout rassemblement de plus de deux personne va atténuer quelques contraintes entrées en vigueur pour freiner la pandémie.


En dépit de certains "signes positifs", l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que tout assouplissement des règles de confinement reste prématuré. L’organisation onusienne alerte sur les risques d’une reprise de la pandémie qui nécessiterait des stratégies coordonnées au vue de l’incertitude de l’évolution de la crise liée au coronavirus.

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