• Margaux Liagre

Actualités : l’Amérique presse son déconfinement


Alors que Donald Trump a annoncé, la semaine dernière, ses conseils pour déconfiner les États, une scène semble se répéter dans plusieurs d'entre eux. Dans le Michigan, le Minnesota, la Virginie ou le Colorado, des Américains bravent les mesures de confinement pour réclamer le respect de leurs libertés individuelles et de la Constitution.


Manifestation devant le capitole du Colorado, contre les mesures de confinement, le 19 avril 2020. @AP Photo/David Zalubowski

C’est une nouvelle bataille qui attend les États-Unis. Alors qu’ils ont répondu à l’appel de leur président, Donald Trump qui scandait sur Twitter "Libérez le Michigan" "Libérez le Minnesota", "Libérez la Virginie", des centaines de citoyens sont descendus dans les rues pour manifester et demander la levée des restrictions imposées dans la lutte contre le coronavirus. Bien qu’ils restent marginaux face à une majorité d’Américains en accord avec ces mesures de lutte contre la pandémie, le phénomène gagne du terrain.


Une atteinte des libertés mise en avant


À Lansing, la capitale du Michigan, des milliers de d’habitants se sont rassemblés, mercredi 15 avril, pour protester contre le confinement imposé depuis le 23 mars par la gouverneure démocrate de l’État, Gretchen Whitmer. Ils ont alors bloqué plusieurs artères de la ville, arborant, pour certains, des casquettes ou pancartes de soutien à Donald Trump. Même si le Michigan figure parmi l’un des États les plus touchés avec 1 921 morts (au 15 avril), les citoyens, impatients de voir l’économie repartir, demandent un retour au travail.


Mais ce n’est pas un cas isolé. Une centaine de manifestants se sont rassemblés dans le Kentucky pour perturber le point presse du gouverneur démocrate Andy Beshear. Rouvrir l’État, "cela tuerait des gens. Cela tuerait vraiment des gens" a répliqué le gouverneur. L’Ohio a également été touché par des manifestations, tout comme l’Utah, la Caroline du Nord, la Virginie ou le Colorado.


Certains protestataires considèrent que les politiciens démocrates profitent de la lutte contre le coronavirus pour "contrôler les activités les plus privées du peuple américains [d’une manière] totalement incompatible avec l’esprit et la lettre de la Constitution américaine" explique le magazine conservateur National Review.


"Aux Etats-Unis, il y a une idée qui s’ajoute c’est que la liberté est au-dessus de tout. La constitution respecte cette liberté, elle est même défendue. On explique qu’on ne peut pas confiner les gens contre leurs volontés. Et c’est bien contre ça que sont en train de manifester les gens aujourd’hui" explique Jean-Eric Branaa à BFM.


Le président a réagit à ces rassemblements en déclarant "Je pense que ce sont des manifestants m’écoutent et je pense qu’il m’apprécient". C’est donc une nouvelle bataille politique qui naît aux États-Unis, dans laquelle les militants devraient s’opposer à certaines mesures de leur gouverneur, de plus en plus violemment. La gestion de la crise n’est pas nationalisée dans le pays et il revient, par exemple, aux gouverneurs de déconfiner les États et de mettre en place une politique de test s’ils trouvent cela nécessaire.


Le déconfinement selon Donald Trump


Le président américain a présenté jeudi 16 avril, un plan de déconfinement en trois étapes, tout en laissant carte blanche aux gouverneurs. Alors que le pays n’avait pas confiné les États de la même manière, le déconfinement pourrait tout aussi être désordonné.


Ces recommandations devraient "guider" le retour à la normale dans chacun des 51 États du pays. Ce plan se compose de trois étapes, que les gouverneurs sont libres de respecter, ou non. La première étape préconisée par la Maison-Blanche consisterait en la réouverture des restaurants (sous certaines conditions), mais pas des bars ni des écoles. Les personnes les plus vulnérables resteraient confinées et le port du masque en public serait fortement conseillé. Le télétravail serait encore d’actualité et les mesures de distanciation sociale, maintenues.


Si aucune recrudescence de l’épidémie ne se fait sentir durant les 14 jours qui suivent la mise en place de la phase une, la phase deux serait initiée. Elle prévoit la réouverture des écoles et la reprise des voyages. Enfin, la levée générale des sanction - avec, tout de même, un maintien des mesures de distanciation sociale - serait enclenchée si aucun rebond de l’épidémie n’est constaté et que l’absence de résurgence du nombre de cas serait confirmée.


Par ces recommandations, les gouverneurs pourront adopter "une approche sur mesure qui répond aux circonstances spécifiques dans leur État" a expliqué le président. Certains États, comme le Montana, le Wyoming ou le Dakota du Nord pourraient rouvrir "littéralement demain" a estimé Donald Trump.


Cette politique vise à "protéger [le président] si l’épidémie repart à la hausse ou si d’autres problèmes font surface après la réouverture des États" reconnaissent certains membres de l’administration Trump. Si un gouverneur décide de déconfiner son État trop hâtivement, POTUS (acronyme pour President of the United States) ne pourra que lui renvoyer la faute en lui expliquant qu’il avait fourni les conseils officiels à suivre.


Pour l’heure, le Texas et la Floride, deux États relativement épargnés par la pandémie, ont initiés des mesures de déconfinement. Greg Abbott, le gouverneur du Texas, a annoncé la réouverture des parcs et va "permettre aux commerçants de proposer de la vente à emporter et laisser les professionnels de santé réaliser les opérations chirurgicales [non liées au coronavirus] qui avaient été mises en suspens dans les hôpitaux". En Floride, le gouverneur Ron DeSantis affirmait "que les autorités locales pourraient rouvrir les plages si elles jugeaient possible de le faire en toute sécurité".

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