• Margaux Liagre

Actualités : l’Australie en flammes


Depuis fin août l’Australie est en feu. Ces incendies d’une ampleur sans précédent ont provoqué la mort de 500 millions d’animaux et des dizaines de milliers d’évacuations. Voici quelques clés pour comprendre l’importance de la situation.


Dans la région du lac Conjola, au sud de Syndney, le 31 décembre 2019. Photo Matthew Abbott / The New York Times

En presque 5 mois, ce sont près de 80 000 km2 de forêts qui sont partis en fumée. Cela correspond à plus de deux fois la superficie de la Belgique, ou encore 759 fois la surface de Paris ! C’est environ le double que la superficie brûlée par les feux en Amazonie durant l’été 2019. Ces incendies ravagent principalement la côte sud-est de l’île-continent, principalement l’État de la Nouvelle-Galles du sud.


Concernant les animaux victimes des flammes, les chiffres font débat. Certains affirment que 500 millions d’animaux ont péri dans ces incendies. Mais le professeur Chris Dickman de l’Université de Sydney affirme lui, que dans le seul état de Nouvelle-Galles du sud, plus de 800 millions de mammifères, des oiseaux et des reptiles seraient morts. Dans tout le pays, "plus d'un milliard serait un chiffre relativement prudent" estime-t-il. La ministre de l’environnement australienne, Sussan Ley a estimé que 30% des koalas pourraient avoir péri dans l’État le plus touché du pays.


Mais ces incendies ne sont pas qu’une menace pour la faune et la flore. Depuis août 2019, près de 25 personnes ont perdu la vie en Australie, dont certains pompiers essayent de maîtriser les flammes. Des déplacements de population ont été organisés pour protéger les habitants. L’état d’urgence décrété dans le sud-est du pays a demandé l’évacuation de près de 100 000 personnes laissant derrière eux des villes-fantômes dans cette partie du pays.

La pollution est une autre conséquence de ces brasiers géants.


En effet, plusieurs villes australiennes souffrent depuis plusieurs semaines des fumées qui se déplacent dans tout le pays. Le 1er janvier, la capitale, Canberra, la moyenne journalière de concentration de particules fines PM10 a atteint 815,11µg/m³. À titre de comparaison, l’OMS préconise de ne pas dépasser 50 µg/m³ par jour.


Alors que l’organisation météorologique mondiale craint des incendies encore plus intenses, les fumées dérivent à la surface du globe. Lundi, le ciel chilien s’est teinté de gris, embrumé par les fumées des incendies australiens. En Argentine aussi, le ciel est devenu rouge, synonyme que les fumées ont alors parcourus près de 12 000 km.


L’inaction du gouvernement


Le dérèglement climatique est la principale cause de ces incendies. "2019 a été une année particulièrement sèche en Australie. La conséquence, c’est que la saison des incendies va être longue et très difficile. La tendance du climat c’est que le pays va connaître des incendies de plus en plus intenses et qui se déclareront beaucoup plus tôt qu’avant." explique Claire Nullis, la porte-parole de l’organisation météorologique mondiale. Le pays est loin d’être débarrassé de ces feux.


Malgré la gravité de la situation, le gouvernement n’a que très peu agit et les habitants le dénoncent. Ils reprochent au Premier ministre, Scott Morrisson, de les avoir délaissés face aux flammes. Certains habitants ont même refusé de serrer la main du chef d’État lors de ses rencontres avec les victimes des flammes.


"On a besoin de beaucoup plus de fonds pour soutenir les services de secours. Il faudrait donner plus d'argent aux volontaires. Ici ce sont les gens qui aident les autres, pas le gouvernement" estime une habitante du sud-est australien qui a refusé de rencontrer Scott Morrison suite à son inaction pour lutter contre ces feux.


Le Premier ministre aurait, depuis son arrivée au pouvoir en août 2018, diminué le budget de tous les services de secours incendie en Australie et mis les moyens ailleurs. "On a complètement négligé le changement climatique. Individuellement on essaie mais ce n'est pas assez, cela devrait être l'affaire de tout un pays" estime une autre habitante, contrainte d’abandonner sa vie derrière elle pour ne pas périr dans les flammes.


Mercredi 8 janvier, l’Australie a annoncé que des snipers allaient abattre près de 10 000 dromadaires sauvages dans le pays. Du fait de la sécheresse, des troupeaux "extrêmement importants", sont en quête d'eau et de nourriture. Ils menacent, selon les autorités, les réserves de ces villages, en plus de provoquer des dégâts et de constituer un danger pour les automobilistes. La sécheresse pose, selon le ministère de l’Environnement de l’État, "de graves questions de bien-être animal" , car nombreuses sont les bêtes qui sont mortes de soif ou se sont blessées entre elles en se précipitant vers des points d’eau. "Dans certains cas, des carcasses d'animaux morts ont contaminé d'importantes sources d'eau et des sites culturels" assure le ministère, qui se dit favorable à cet abattage.


L’aide internationale n’est pas meilleure. Récemment, la France a annoncé l’envoi de cinq experts pour aider l’Australie à lutter contre les flammes. L’Hexagone se dit également prêt à y envoyer une centaine de personnes, si besoin. Ces cinq experts devront proposer un accompagnement aux autorités sur place "sur les stratégies de lutte aérienne, sur les luttes contre les feux de forêt en gestion de crise et sur d'autres spécialités".

10 vues1 commentaire

© 2018. Tous droits réservés

    • Twitter - Black Circle
    • Instagram - Black Circle
    This site was designed with the
    .com
    website builder. Create your website today.
    Start Now