• Margaux Liagre

Actualités : la résurrection de Joe Biden au lendemain du « Super Tuesday »

Mis à jour : 5 mars 2020


Le "Super Tuesday" ou "Super Mardi" en français, est une étape déterminante dans la course à l’investiture démocrate. Joe Biden a su revenir dans la course, après un début de campagne compliqué. Bernie Sanders a donc affronté un adversaire de taille, qui pourrait menacer sa place.


Joe Biden (droite) et Bernie Sanders lors d'un débat, le 20 novembre à Atlanta. ALEX WONG / GETTY IMAGES

Premier mardi du mois de mars, c’est une journée électorale massive où 14 États organisent leur primaire. Les délégués de Californie, du Texas, de l’Utah, du Colorado, de l’Oklahoma, du Minnesota, de l’Arkansas, de l’Alabama, du Tennessee, de Caroline du Nord, de Virginie, du Massachusetts, du Vermont et du Maine ont donc été désignés, hier. Les démocrates à l’étranger ainsi que les îles Samoa américaines également été appelés au vote.


Les résultats partiels donnent l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, en tête dans neuf États, alors que le socialiste Bernie Sanders aurait remporté quatre États. Ces résultats ne sont pas définitifs, mais ont été délivrés à la dépouille de 90% des bulletins. Alors que les résultats des précédentes primaires, notamment dans le Nevada, l’avaient désigné comme favori pour affronter Donald Trump, les cartes sont désormais rebattues.


La résurrection de Biden


Le triomphe de Joe Biden en Caroline du Sud a, non seulement rassuré ses partisans, mais a permis au vice-président d’entrer à nouveau dans la course. Crédité de peu de votes lors des premières étapes des primaires démocrates, tout le monde le croyait hors du jeu. Cette victoire en Caroline du Sud a également provoqué des abandons.


C’est le cas notamment de Pete Buttigieg, et d’Amy Klobuchar. Le maire de South Bend (Indiana) a affirmé se retirer de la course à l’investiture démocrate "dans l’intérêt public" avant d’annoncer son soutien à l’ancien vice-président de Barack Obama. Amy Klobuchar a, elle aussi, abandonné la course à la Maison-Blanche, apportant son soutien à Joe Biden lors d’un meeting commun. Beto O’Rourke qui s'était déjà retiré de la campagne des primaires, a également porté son dévolu sur Joe Biden. Lui-même ne s’attendait pas à un tel succès. Il a ainsi remporté la Virginie et la Caroline du Nord, terres riches en délégués. La fidélité de l’électorat afro-américain lui a également été profitable. Elle lui a donc permis de rafler les suffrages en Alabama, dans le Tennessee, l’Oklahoma et l’Arkansas.


Ces votes pour Joe Biden ne semblent pas être prémédités. Selon un sondage CNN, plus de 30% des électeurs en Virginie ou en Caroline du Nord se seraient décidé dans les toutes dernières heures. Une majorité des électeurs de ces deux États a assuré pratiquer le "vote utile". Battre Donald Trump en novembre était donc leur priorité, quel que soit le candidat en face. Cette technique est exactement le message véhiculé par l’ancien vice-président.


Un revers pour Bernie Sanders


Bernie Sanders lui, parie sur une "révolution politique" dont il serait le leader. Mais la résurrection de Joe Biden pourrait lui barrer la route. Sa force n’est pas uniquement due à l’électorat afro-américain. Joe Biden a, en effet, remporté l’État du Massachusetts où Elizabeth Warren en est l'élue.



Suite à sa défaite en Caroline du Sud face à Biden, l’équipe de campagne de Bernie Sanders ne s’attendait qu’à des résultats médiocres dans les États où l’ancien vice-président compterait sur l’électorat afro-américain. Ses victoires attendues dans l’Utah et le Colorado ont conforté l’équipe dans sa place dans la course. Les espoirs se sont, au fur et à mesure de la soirée, transposés au Texas et à la Californie, dotés respectivement de 228 et 415 délégués.


Concernant la Californie, l’État avec le plus de délégués, semblerait, selon les résultats partiels, avoir été remporté par Bernie Sanders. Mais cette victoire, toutefois non-confirmée, ne suffirait peut-être pas à relativiser les pertes du candidat socialiste dans les autres États. La candidat du Vermont a donc pu mesurer ses limites hier, en perdant l’Oklahoma et le Minnesota, qu’il avait largement emporté en 2016.


Un avenir incertain pour Bloomberg et Warren


L’avenir d’Elizabeth Warren et de Michael Bloomberg sont quant à eux menacés. Ce dernier, qui avait fait l’impasse sur les quatre premières étapes du marathon démocrate, soumettait, pour la première fois son nom dans les bureaux de vote. Malgré un budget astronomique, 500 millions de dollars, engagé dans la publicité, le candidat milliardaire n’aurait remporté que les caucus des îles Samoa américaines. Son pari de ne compter uniquement sur les quatorze États du Super Tuesday s’avère désormais perdant. L’ancien maire de New York n’est pas parvenu à franchir la barre des 15% des votes obligatoires pour prétendre à sa part des délégués, affectés à la proportionnelle.


Au vu de ces résultats, Michael Bloomberg a annoncé, le 4 mars, se retirer de la course à l'investiture démocrate et a apporté son soutien à l'ancien vice-président de Barrack Obama, Joe Biden.


Elizabeth Warren a, pour sa part, perdu son État d’origine, le Massachusetts. Cette victoire témoigne la capacité de Joe Biden à rivaliser au-delà de ses bases.

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