• Margaux Liagre

Actualités : le déconfinement repoussé à Mayotte, où le virus circule "activement"

Mis à jour : 1 juin 2020


Lundi 4 mai, le Premier ministre a annoncé le report du déconfinement du territoire français dans l’océan Indien. Avec 739 contaminations et 9 décès, "le virus circule activement" a précisé Édouard Philippe.


Dans le bidonville de Kawéni, en 2016. © Constant Formé-Bècherat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Seul département et région d’outre-mer (DROM) en rouge sur la carte de l’activité de l’épidémie, Mayotte restera confiné après le 11 mai. Le gouvernement a également précisé que l’interdiction de toute arrivée dans les territoires d’outre-mer serait maintenue au-delà du 11 mai, avec "obligation de quatorzaine".


Le confinement prolongé


"La prolongation du confinement est l'unique manière d'éviter la saturation d'un système hospitalier déjà très sollicité par l'épidémie de dengue, elle aussi mortelle pour les Mahorais" a expliqué le Premier ministre au Sénat alors qu’il présentait la stratégie de déconfinement du gouvernement. Avec 739 cas, dont six personnes en réanimation et neuf décès, le territoire est passé en phase 3. Le ministre a annoncé qu’un « point » sera fait le 14 mai pour "envisager l’assouplissement du confinement et en particulier le retour à l’école primaire le 18 mai".


En plus de ce prolongement du confinement, Édouard Philippe a annoncé le maintien des interdictions d’arrivée dans les DROM au-delà du 11 mai. "Seules les personnes ayant des motifs familiaux ou professionnels impérieux ou une obligation de santé pourront se rendre outre-mer" et elles "demeureront soumises à l'obligation de quatorzaine" a précisé le Premier ministre. Le gouvernement profitera du déconfinement pour renvoyer les étudiants ultramarins qui le veulent, chez eux.


Tout comme la métropole, le gouvernement s’assurera que les territoires français ultra-marins disposeront de tests et masques grands publics notamment pour les crèches, les écoles et les transports.


Des mesures peu respectées


L’Agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, a affirmé que "le virus circule activement sur l’ensemble du territoire, dans tous les villages et dans tous les milieux" et appelle à toujours respecter les mesures de confinement, peu respectées sur le territoire. Plusieurs centaines de personnes se seraient rendues dans des mosquées, pendant que les rassemblements de "murengué" (boxe traditionnelle mahoraise) continuaient d’avoir lieu.


Le préfet du territoire, Jean-François Colombet déplore qu’"aujourd'hui, (le confinement) marche moins bien, car la moitié de la population a moins de 18 ans", précisant qu’un couvre-feu serait maintenu. Alors que Mayotte compte 53 cas et trois décès supplémentaires en 24 heures, la plupart des personnes touchées par le Covid-19 ne présentent pas de signes d’inquiétude pour leur santé.


Une résurgence des violences urbaines


Samedi 2 et dimanche 3 mai, Mayotte a connu des épisodes de violences urbaines, qui ont conduit le président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadan à s’exprimer. "Nul ne peut rester indifférent à ces images de violences, à un magasin littéralement pillé dans une période où l’économie va mal, à ces groupes de jeunes qui bravent les risques ou n’en ont tout simplement pas conscience dans cette phase de circulation du virus. Il est de ma responsabilité de dirigeant politique de dire à nouveau que ces situations trop souvent répétées ne sont pas acceptables et mettent à mal le « vivre ensemble » sur notre territoire" a estimé le président. "J’apporte bien évidemment mon soutien aux forces de l’ordre très éprouvées ces derniers mois et plus particulièrement au directeur départemental de la police nationale Jean-Marie Cavier blessé en intervention ce week-end" a-t-il ajouté.


Soibahadine Ibrahim Ramadani appelle au rassemblement et à l’unité, au service de la tranquillité publique. Malgré un contexte "très particulier, difficile à vivre", le président rappelle que de nombreuses nuits ont été "le théâtre d’affrontements parfois violents", depuis plusieurs mois. "Nous ne découvrons nullement ces phénomènes qui prennent, par contre, une résonance supplémentaire dans ce moment de circulation du virus et de confinement" rappelle-t-il.


Il s’est également chargé de remettre en mémoire qu’un plan d’action contre les violences a été présenté par le Préfet de Mayotte et le Recteur de l’Académie le 11 mars dernier. Ce dernier s’articule autour de trois axes principaux : la sécurité publique et la surveillance générale; la médiation et la prévention de la délinquance.


Des mesures concrètes sont également proposées comme la mise en oeuvre d’une brigade de vigilance citoyenne composée de 600 citoyens volontaires encadrés par une centaine d’agents sur des territoires prioritaires. Le département a, d’ores et déjà, décidé de débloquer près de 428 412 € pour la création de ces Brigades de vigilance citoyenne. L’objectif de cette opération est "d’impulser également une dynamique de participation citoyenne en développent le réseau de bénévolat encore faible sur le territoire", rapporte Le Journal de Mayotte. Des messages civiques ciblés "en direction des les plus éloignés de l’écrit" sont également envisagés.


17 vues0 commentaire

© 2018. Tous droits réservés

    • Twitter - Black Circle
    • Instagram - Black Circle
    This site was designed with the
    .com
    website builder. Create your website today.
    Start Now