• Margaux Liagre

Actualités : les révélations de John Bolton perturbent le procès de Donald Trump


Dans un livre à paraître le 17 mars, John Bolton accuse le président américain d’avoir geler l’aide militaire ukrainienne jusqu’à l’ouverture d’une enquête sur les Biden.


Donald Trump et John Bolton, Photo par Andrew Harnik / AP / Shutterstock

C’est un article du New York Times, paru le 26 janvier, qui change la donne. Y est publié un résumé du livre The Room Where It Happened, à paraître mi-mars, écrit par l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, limogé en septembre 2019. Ce dernier affirme alors que le président américain avait lié une aide militaire de 391 millions de dollars (354 millions d’euros) avec l’ouverture d’une enquête visant le démocrate Joe Biden, potentiel rival du président au prochaines élections, et son fils, Hunter Biden, qui a siégé au conseil d’administration d’une entreprise gazière ukrainienne.


L’ancien ambassadeur aux Nations Unies de l’administration de George W. Bush affirme également que Mike Pompeo (secrétaire d’État) et le secrétaire à la Défense, Mark Esper, s’étaient opposés à cette décision et avaient mis en garde le président contre les agissements de son émissaire en Ukraine, son avocat, Rudy Giuliani.


"Je n’ai jamais dit à John Bolton que l’aide à l’Ukraine était liée à l’ouverture d’enquête contre les démocrates, les Biden notamment" s’est défendu le président en un tweet. "Si John Bolton l’a dit, c’est seulement pour vendre son livre".


À la reprise du procès, l’équipe d’avocat de Donald Trump, dirigée par le conseiller juridique de la Maison-Blanche, Pat Cipollone, a décidé d’ignorer les révélations de John Bolton, déclarant qu’il n’existait aucune preuve liant la décision de Donald Trump de suspendre l’aide à la sécurité de l’Ukraine à sa demande d’ouvrir une enquête. Ils ont également explique que le gel de cette aide était strictement indépendant des requêtes pour enquêter sur les Biden.


Les avocats du président ont également basé leur défense sur des attaques envers Joe Biden et su fils suggérant qu’ils étaient corrompus. Cette idée tend à légitimer la décision de Donald Trump de demander une enquête à leurs égards.


Ces révélations changent-elles la donne ?


Mis en accusation par la Chambre des représentants le 18 décembre, Donald Trump est accusé d’abus de pouvoir et d’entrave à la bonne marche du Congrès. C’est maintenant au Sénat de décider d’une éventuelle destitution du 45ème président des États-Unis. Les chances d’aboutir à une destitution sont minces, pour cela il faudrait réunir 2/3 des sénateurs contre le président. Or, cela semble peu probable, car le Sénat est à majorité républicaine.


Depuis le début du procès, les démocrates demandent à ce que John Bolton et d’autres personnes occupant des postes importants au sein de l’administration du président comme Mick Mulvaney (directeur du cabinet du président) soient convoquées pour témoigner au procès de destitution au Sénat. John Bolton s’est déjà dit prêt à témoigner si une convocation lui était adressée.


L’avocat de l’ancien conseiller à la sécurité intérieur du président a affirmé la véracité du compte rendu établi par le journal américain et a expliqué que le manuscrit avait déjà été remis le 30 décembre au Conseil de sécurité nationale, conformément à la procédure lorsque des informations couvertes par le secret sont en jeu. La justice était au courant depuis presque un mois de ces accusations.


Adam Schiff, le président de la Commission de la Chambre, qui mène l’accusation au procès de Donald Trump a estimé sur Twitter que le président avait bloque la demande de témoignage de John Bolton, ce qui viendrait contredire "directement le coeur de la défense du président" estime-t-il.


La présidente de la Chambre des représentant, Nancy Pelosi, a elle estimé que le refus républicain d’entendre John Bolton ou d’autres témoins était "désormais encore moins justifiable". "Le choix est clair : notre Constitution ou une dissimulation" a-t-elle résumé sur Twitter.


Bien que rien ne soit joué, les chances qu’un nouveau témoin s’exprime ont considérablement augmenté. Plusieurs sénateurs républicains comme Susan Collins (Maine), Mitt Romney (Utah) ou Lisa Murkowski (Alaska) ont demandé une audition de John Bolton. Le trio est en recherche d’un quatrième républicain qui accepterait cette demande, car quatre défections républicaines sont nécessaires pour y parvenir.


L’avenir de Donald Trump en tant que président des États-Unis ne semble pas, pour le moment, directement menacé. Toutefois, les doutes s’élèvent et le ciel s’assombrit au dessus de la tête du président.

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