• Margaux Liagre

Actualités : les tensions entre l’Iran et les États-Unis ravivées

Mis à jour : 10 déc. 2019


À l’occasion du 40ème anniversaire de la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran, le guide suprême du pays n’a fait que raviver la flamme des tensions déjà existantes entre l’Iran et le pays de Donald Trump. L’Iran a également annoncé la reprise de sa production d’uranium enrichi suite au retrait américain du traité de Vienne signé en 2015. Retour sur ces évènements qui cristallisent les discussions entre le Moyen-Orient et l’Amérique.



De nouvelles fresques ont été dévoilés par la République islamique sur les murs de l’ancienne ambassade américaine dans la capitale, convertie en musée de l’espionnage américain depuis l’interruption des relations diplomatiques entre les deux pays.


Une statue de la liberté à terre, disloquée ou un drapeau américain jonché de têtes de mort : voilà à quoi ressemblent les nouveaux murs du bâtiment. Elles remplacent d’anciennes peintures murales, vieilles de dix ans. Ces dessins dénoncent "l’arrogance" des États-Unis et font la caricature d’un pays assoiffé de guerre pour asseoir son pouvoir sur le monde.



"L’esthétisme [des anciennes fresques] datait et n’avait plus sa place dans la littérature visuelle [d’aujourd’hui]" estime Saber Cheikh-Rezaï, responsable du projet. Pour lui, ces fresques sont plus parlantes pour les passants "au moins pour les 10-15 ans à venir" et proposent une description "plus juste des relations irano-américaines des 40 dernières années".


Dans son discours d’inauguration, le général Salami a traité les USA de menteur, lorsque le pays se présente en défenseur de la démocratie et des droits humains alors qu’il soutient, presque "tous les dictateurs" de la planète. Il a aussi accusé les États-Unis d’être le seul pays à avoir eu recours à l’arme atomique (deux fois en août 1945, à Hiroshima et Nagasaki) cherchant à empêcher les autres pays, "particulièrement l’Iran" de bénéficier de la "technique du nucléaire civil".


La prise d’otage de l’ambassade américaine


Ces fresques ont été dévoilées à deux jours du 40ème anniversaire de la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran, acte fondateur de la République islamique. Des milliers d’Iraniens se sont rassemblés devant le bâtiment pour commémorer cet anniversaire. Des drapeaux américains ont été piétinés et brûlés et des slogans "Mort à l’Amérique" scandés.


Le 4 novembre 1979, 400 étudiants partisans de la Révolution islamique s’introduisent dans l’ambassade des États-Unis, prenant en otage 52 diplomates américains. Ils accèdent alors à des documents classifiés qu’ils publieront par la suite, révélant que l’ambassade était un "nid d’espions".


Les 52 otages américains, libérés de l'ambassade à Téhéran, posent le 25 janvier 1981 à l'hôpital militaire de Wiesbaden en Allemagne.• Crédits : UPI / AFP - AFP

Les otages seront retenus pendant 444 jours. Les étudiants espéraient les échanger contre le Chah d’Iran poussé à l’exil. Cette prise d’otage prendra fin après la mort du souverain déchu, en Égypte. Depuis, toutes relation diplomatique a été rompue.


Dimanche, le guide suprême iranien, Ali Khamenei a accusé les États-Unis d’avoir "réécrit l’histoire". Il affirme ainsi que c’est le coup d’État de 1953, soutenu par les Américains qui a marqué le début des hostilité entre Washington et Théhéran. "Les États-Unis ont renversé le gouvernement [du Premier ministre Mohamed Mossagedh] et établi un gouvernement corrompu à leur solde".


Il a aussi réaffirmé son refus à tout dialogue avec Washington. "L’opposition constante à des négociations avec les USA est l’un des instruments importants dont dispose l’Iran pour les empêcher de prendre pied dans notre cher pays" a-t-il précisé.


"Depuis la prise de contrôle de l’ambassade américaine de Téhéran […] les tensions ont parfois été si vives que la coopération a été impossible, alors que parfois, un accord a pu sembler proche. Aujourd’hui, les relations sont dans l’impasse" explique Hamidreza Homanayomifar, journaliste de CNews.


Le retrait de l’accord de Vienne toujours d’actualité


L' hostilité entre les deux pays ne date pas d’hier. Depuis plusieurs mois il est question du retrait des Américains de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, conclu en 2015. Ce dernier suspendait les sanctions économiques des États-Unis envers l’Iran, si ce dernier acceptait de réduire drastiquement son programme nucléaire afin de garantir qu’il n’a aucune visée militaire. Après son retrait en mai 2018, Donald Trump a poursuivi une politique de "pression maximale" sur la Révolution islamique, qu’il accuse de tous les maux au Moyen-Orient. Le président a ainsi rétabli de lourdes sanctions économiques contre le pays, à qui il reproche de chercher à se doter de l’arme nucléaire.


Le président Hassan Rohani écoutant Ali Akbar Salehi, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique le 9 avril 2019. AFP PHOTO / HO / IRANIAN PRESIDENCY

Depuis le retrait des États-Unis, l’Iran ne considère plus l’accord de Vienne comme un texte contraignant. Qui plus est depuis le rétablissement des sanctions économiques. Le pays dit produire 5 kilogrammes d’uranium enrichi par jour, soit dix fois plus qu’il y a deux mois.


Ali Akbar Saléhi, vice-président de la République islamique a indiqué que l’Iran avait mis au point, en deux mois, deux nouveaux modèles de centrifugeuse avancées. "Nous devons remercier aussi l’ennemi, qui nous a donné cette occasion de montrer la puissance de la République islamique, en particulier dans le domaine de l’industrie nucléaire".

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