• Margaux Liagre

Actualités : quel bilan tirer du premier tour des municipales ?


L’épidémie de coronavirus a quelque peu volé la vedette au premier tour des élections municipales. Alors que le gouvernement a décidé de les maintenir, le taux d’abstention est historique et atteint les 54,5%.


Ce dimanche 15 mars a été davantage marqué par la crise sanitaire provoquée par le covid-19 que par les élections municipales. La veille au soir, le Premier ministre Edouard Philippe annonçait la fermeture de tous les bars, restaurants et commerces non-essentiels pour éviter la propagation du virus. Mais le premier tour des élections a tout de même été maintenu. Des mesures d’hygiène avaient été mises en place comme la mise à disposition de gels hydroalcooliques dans les bureaux de vote ou encore une disposition spécifique des isoloirs pour ne pas avoir à toucher les rideaux.


Visiblement le virus a été plus fort. Alors que le jeudi 12 mars, Emmanuel Macron annonçait lors d’une allocution officielle la fermeture des crèches, écoles et universités, rien ne semblait perturber l’organisation de ce premier tour. Face à ces mesures contradictoires, le vote de dimanche a été marque par une abstention historique : 54,5% soit 20 points de plus qu’en 2014.


Le parti socialiste n’est pas mort


À Paris, la maire PS sortante, Anne Hidalgo se place en tête avec 30,2% des suffrages contre 22% pour Rachida Dati (LR) et 17,6% pour Agnès Buzyn, investie par le parti présidentiel. Le candidat d’Europe Écologie Les Verts, David Belliard, se hisse en quatrième position avec 11,6% des voix, suivi de Cédric Villani (dissident LREM) et Danielle Simonnet (LFI).


Michèle Rubirola Blanc crée la surprise à Marseille en se hissant à la première place des suffrages en recueillant 23,4% des voix. La candidate du Printemps marseillais (union de gauche) se place au coude à coude avec la candidate LR, héritière de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal qui obtient 22,3% des suffrages. Le candidat RN, Stéphane Ravier complète le podium avec 19,5% des voix.


La maire sortante de Nantes, Johanna Rolland, sort en tête avec 31,4% des suffrages mais pourrait se voir fragilisée par une alliance de la droite et du centre. Dans ce cas, elle pourrait elle-mêle s’allier avec le parti écologiste, EELV.


À Montpellier, le maire sortant Philippe Saurel obtient 19,1% mais est rattrapé par son adversaire de gauche Michaël Delafosse qui recueille 16,7% des voix. Rémy Gaillard obtient pour sa part 9,6% des voix, mieux que EELV, LREM ou le RN, résultats qui lui permettent de fusionner au second tour.


Martine Aubry arrive en tête de ce premier tour à Lille. La maire PS sortante obtient 29,8% des voix, suivie de près par Stéphane Baly, le candidat écologiste qui recueille 24,5% des suffrages. La candidate LREM, Violette Spillebout, peine à s’imposer avec 17,5% des votes.


Au Mans, le maire sortant Stéphane Le Foll arrive en tête des votes avec 42% des suffrages et semble en bonne voie pour être réélu au second tour. Eric Piolle, le maire sortant grenoblois, manque de se faire réélire au premier tour avec 46,7% des votes.


À Rouen, le candidat de gauche, Nicolas Mayer-Rossignol obtient 29,5% des voix et est talonné de près par son adversaire LREM. Le jeu d’alliances pourrait faire apparaître une quadrangulaire PS/EELV/LREM/LR.


La vague verte d’EELV


Europe Écologie Les Verts crée la surprise à Lyon avec 28,5% des voix. Grégory Doucet se hisse en tête face à Etienne Blanc (LR) et Yann Cucherat (LREM) investi par Gérard Collomb.


Les Verts s’imposent également à Strasbourg, avec Jeanne Barseghian qui recueille 29,7% des suffrages.


Plus généralement les écologistes ont recueilli dans plusieurs grandes villes de très bons scores et s'imposent peut à peu à l'échelle municipale.


La droite tente de reprendre du terrain


Le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) arrive en tête des suffrages avec 36,2% des voix mais pourrait être menacé par une possible alliance de gauche. À Nice, Christian Estrosi (LR) s’affirme avec 47,6% ce qui confirme ses chances d’être réélu au second tour.


Résultat serré à Bordeaux où le maire LR sortant, Nicolas Florian obtient 34,6% des suffrages, suivi de près par Pierre Hurmic (union de gauche) à 34,4%. La liste de Philippe Poutou crée la surprise en recueillant 11,8% des voix, lui permettant de se maintenir au second tour.


François Baroin, le maire LR sortant de Troyes a été réélu au premier tour avec 66,8% des suffrages.


Le parti présidentiel peine à s’imposer


Au Havre, Edouard Philippe prend la tête de la course en remportant 43,59% des voix, face au candidat Divers gauche, Jean-Paul Lecoq. Le Premier ministre semble alors en bonne voie pour être investi dans sa ville mais pourrait être menacé en cas d’alliance entre la liste de Jean-Luc Lecoq avec EELV.


Le candidat MoDem, François Bayrou, soutenu par LREM s’impose à Pau en recueillant 45,8% des suffrages. Il a de grandes chances d’être réélu au second tour.


Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin a été élu dès le premier tour de scrutin à Tourcoing avec 60,9% des voix. Le ministre de la Culture Franck Riester a, lui, été élu à Coulommiers avec 58,9% des votes.


Objectif atteint pour l’extrême droite ?


Le Rassemblement national espérait conquérir des grandes villes et étendre son pouvoir grâce à ces élections municipales. Louis Aliot s’est imposé à Perpignan avec 35,7% des voix contre son adversaire de droite, le maire sortant, Jean-Marc Pujol qui obtient 18,4% des suffrages. Ce dernier pourrait cependant s’imposer au second tour grâce aux jeux des alliances.


À Henin-Beaumont, ville du bassin minier et fief de l’extrême-droite, Steve Briois a été élu au premier tour avec 74,2% des voix. David Rachline est également réélu au premier tour à Fréjus, de justesse, avec 50,6% des suffrages.


Ces résultats sont toutefois nuancés par la vague pandémique du coronavirus qui oblige les Français a être confinés à leur domicile. Le président de la République a d’ores-et-déjà annoncé le report du second tour à une date ultérieure. Le Premier ministre a, quant à lui proposé la date du 21 juin. Contrairement à ce que prévoit le code électoral, le premier tour ne sera pas pour autant annulé et les résultats sont conservés.

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