• Margaux Liagre

Brexit : on en est où ?

Mis à jour : 30 mai 2019


Le 24 mai, la Première ministre Theresa May annonçait sa démission, après trois ans à se battre pour défendre son projet de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. Retour sur 329 jours de lutte.


Le 23 juin 2016, les britanniques votaient à 52% pour sortir de l’Union européenne. Trois ans plus tard, aucun accord n’a été encore accepté par les députés britanniques. Le mandat de la Première ministre a été mouvementé et semé d’embuches. Theresa May n’a cessé de négocier avec Bruxelles dans le but d’obtenir des accords de retrait, chaque fois rejetés par les députés de son pays.


Une arrivée au pouvoir difficile


Dès son arrivée au poste de Première ministre, en juillet 2016, Theresa May s’est mis à la tâche afin d’obtenir, le plus rapidement possible un accord pour la sortie du Royaume-Uni de l’UE.


En mars 2017 est lancée une première procédure de Brexit. Voulant assoir son autorité, Theresa May décide d’organiser des élections législatives anticipées, moins d’un an après son arrivée au pouvoir. Mauvaise pioche. Elle se retrouve, en juillet 2017 à perdre sa majorité au Parlement. Une alliance entre partis devient alors inévitable. Le parti conservateur s’unit alors au DUP (parti Nord Irlandais).


Suite à ce premier échec, Theresa May se doit de reconsidérer son discours sur le Brexit, en l’assouplissant. Après 20 mois de négociations, en novembre 2018, un accord de sortie est enfin trouvé entre la Première ministre et Bruxelles. Cependant il ne fait pas l’unanimité. Au même moment, cinq ministres décident de quitter le gouvernement, dont Dominic Raab, ministre en charge du Brexit. La raison de ces départs ? Le filet de sécurité à la frontière avec l’Irlande du Nord, aussi appelé « backstop ».

Des accords rejetés en cascade


Janvier 2019 marque le premier rejet de l’accord de retrait présenté en novembre par Theresa May. 432 députés votent contre alors que 202 votent pour. Ce premier échec est renforcé par le dépôt d’une motion de censure, le lendemain, par Jeremy Corbin (chef de l’opposition travailliste), à laquelle la Première ministre échappe de peu. Les députés ayant rejetés l’accord demandent alors une renégociation des mesures concernant la frontière irlandaise, qui leur est refusée par Bruxelles.

Deux mois plus tard, l’accord est rejeté une seconde fois par les députés, à 391 voix pour face à 242 voix contre. À 17 jours de la date de départ de l’UE pour le Royaume-Uni, aucun accord ne semble convaincre l’unanimité. Le 14 mars, les députés votent un report du Brexit. Le 27 mars, les députés votent contre 8 scénarios alternatifs qu’ils avaient eux-mêmes proposés. La sortie sans accord ou l’union douanière avec l’Union européenne deviennent inenvisageables.

Deux jours plus tard, le 29 mars (date initiale de sortie du Royaume-Uni de l’UE), l’accord est rejeté une troisième fois par les députés britanniques. Un nouveau délai est accordé: le 31 octobre 2019, le Royaume-Uni devra avoir quitté l’Union européenne.

Mai 2019, la rupture


Le 17 mai 2019, le parti travailliste annonce avoir mis fin aux pourparlers entamés, en avril, avec le parti conservateur, visant à trouver un compromis.

4 jours après cette annonce, Theresa May présente son plan de la "dernière chance". Ce dernier évite le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et l’Angleterre après le Brexit afin de conserver l’accord de paix signé en 1998. Le plan de la Première ministre évoque aussi la possibilité de conserver l’intégralité du marché unique européen et envisage un second référendum sur la question de la sortie du Royaume-Uni, de l’Union européenne. Ce nouvel accord aurait dû être présenté aux députés le 3 juin. Ce même jour Theresa May a elle-même proposé aux députés de voter sur la tenue d’un deuxième référendum concernant le Brexit.

Le lendemain, Andrea Leadsom, alors ministre chargée des relations avec le Parlement, démissionne.

La démission de Theresa May


Le 24 mai, c’est Theresa May qui annonce, depuis le perron du 10, Downing Street, sa démission. Cette dernière ne sera effective qu’à partir du 7 juin, mais marque l’échec de la Première ministre dans l’exécution de sa mission.

"J'ai fait de mon mieux" s’est-elle exprimée lors de cette annonce. Fragilisée par les nombreuses négociations et l’échec, depuis plusieurs mois, à faire voter l’accord obtenu avec Bruxelles, elle n’aura pas su faire l’unanimité auprès des députés britanniques. Son mandat aura été marqué par 36 démissions, dont 21 dues à la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.

Son successeur sera annoncé avant la pause parlementaire du 20 juillet. Deux candidats seront désignés et départagés par un vote.

Plusieurs candidats (déclarés ou potentiels) ont déclaré leurs intentions de briguer ce poste. C’est le cas de Boris Johnson, ancien maire de Londres et chef des eurosceptiques. Il a renouvelé, vendredi, son intention de pourvoir le poste. Dominic Raab, ancien ministre en charge du Brexit, pourrait lui aussi être le successeur de Theresa May.


D’autres personnalités politiques comme Michael Grrove (ministre de l’Environnement, eurosceptique), Jeremy Hunt (ministre des Affaires étrangères), Sajid Javid (ministre de l’Intérieur) ou encore Andrea Leadsom (ex ministre chargée des relations avec le Parlement) se sont positionnés comme des candidats potentiels.

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