• Margaux Liagre

Décryptage : bientôt la fin de l’élevage intensif ?


Le 5 septembre, L214 a publié une tribune dans Le Monde, signée par plus de 180 personnalités pour demander la fin de l’élevage intensif en France.


© FRED TANNEAU Plus de 42 millions de poulets, 5 millions de cochons, 2 millions de canards et environ 800 000 bovins meurent dans les élevages français en l’espace d’une année.

C’est un appel qui cherche à "éliminer au plus vite 80% des souffrances infligées aux animaux" selon l’association de défense des animaux. Elle déclare ainsi que cette tribune a notamment reçu le soutien de diverses associations et ONG telles que Greenpeace, Youth For Climate, France Nature Environnement ou encore Sea Shepard (et d’autres). De nombreuses personnalités comme Isabelle Adjani, Lambert Wilson, Pierre Niney ou Nagui se sont aussi ralliés à la cause.

Dans un communique, L214 explique qu’en 2018, à l’occasion de l’examen de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, "le lobby de l’élevage intensif a démontré sa puissance à l’Assemblée nationale". De cette manière, le ministre de l’Agriculture ainsi que la majorité des députés ont alors rejeté l’ensemble des amendements "proposant des avancées pour les animaux".

L’association réagit ensuite, estimant qu’"il est inconcevable qu’un petit nombre d’acteurs protégeant leurs intérêts particuliers fasse barrage à des avancées exigées de longues dates par 88% des Français". À travers cette déclaration, L214 s’appuie sur une étude de juin 2019 réalisée par YouGov, sur le sujet de l’élevage intensif.

Les lobbies de la viande, et surtout ceux de l’élevage intensif, "profitent de la dispersion de tous les citoyens désireux de voir disparaître ce modèle d’élevage effroyable et désastreux" selon l’association.

Pour l’occasion, L214 publie Quand la faim ne justifie pas les moyens, En finir avec l’élevage intensif, un livre qui dresse les conséquences de cette pratique agricole et l’hyper-consommation de produits animaux qui en découle.


L’association conclut, estimant que "Oui, en finir avec l’élevage intensif c’est aussi réduire drastiquement la consommation de viande et autres produits d’origine animale".

Qu’est-ce que l’élevage intensif ?


Cette pratique représente la majorité des élevages sur le territoire français. On estime alors que 81% des volailles sont élevés en cage ou en "batterie", cela concerne aussi 82% des poules pondeuses. Ce chiffre atteint les 90% pour les cochons élevés sur le territoire français, vivant sur des caillebotis en béton. Pour finir, cette pratique agricole concerne 99% des lapins élevés pour leurs chairs en France.

Cet élevage industrialisé, apparu à la sortie de la Seconde Guerre mondiale a un but précis: augmenter le rendement, bien souvent au détriment du bien-être animal. La densité des animaux et/ou le confinement sont les deux méthodes privilégiées par les agriculteurs pour augmenter leurs rendements.

En France, on considère un élevage comme intensif si ce dernier accueille 40 000 emplacements pour les volailles, élevées pour la reproduction, la production de viande ou d'œufs, et/ou 2 000 emplacements pour des porcs de plus de 30kg, et/ou 750 emplacements pour les truies.



Cependant, ce mode de production n’est pas nécessairement plus rentable, selon certaines associations. En effet, précise la CIWF, pour 100 calories de cultures comestibles ingérées par le bétail, on obtient seulement 30 calories sous forme de viande ou de produits laitiers, soit une perte de 70%.


Une menace pour l’environnement


On sait aujourd’hui, d’après un rapport de la FAO (Organisation pour les Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) que l’élevage est l’une des principales causes du réchauffement climatique, menaçant à la fois à la dégradation des terres, la pollution de l’atmosphère et des eaux et à la perte de la biodiversité.

L’élevage intensif serait, en effet, responsable, selon la FAO, de plus de 14% des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines. Le transport des animaux, serait lui, à l’origine de 45% des émissions.

Toutefois, le World Watch Institute estime que l’élevage serait responsable de plus de 50% des émissions de gaz à effet de serre.

La déforestation est aussi grandement accélérée par cette méthode de production. Dans la forêt amazonienne, l’élevage est la première cause de déforestation. Au Brésil, l’exportation de viande bovine a augmenté de 600% en 6 ans. Ainsi, 88% de la déforestation dans le pays est consacrée aux pâturages.

L’élevage a aussi un impact néfaste sur la pollution de l’eau et des nappes phréatiques. En effet, il est impossible d’épandre le fumier, produit en quantité excessive, sans polluer les terres, l’eau et les nappes phréatiques.


"Oui, en finir avec l'élevage intensif, sera bénéfique pour l'environnement, le partage des ressources, la santé publique, et cela rendra moins pénible le travail des éleveurs et des salariés des abattoirs"

Pour finir, la faible qualité des produits est souvent pointée du doigt. La consommation de produits venant de ces élevages pourrait développer une résistance du corps humain aux antibiotiques. En effet, la densité d’animaux augmente les risques sanitaires qui sont solutionnés par le recours systématique à des traitements antibiotiques, à titre préventif. 

Ce n’est pas la première fois que l’élevage intensif est décrié. L’affaire de la ferme aux 1 000 vaches, dans la Somme, avait révélé les mauvais traitements sur les animaux ainsi que le manque d’hygiène qui se trouve dans ce type d’élevage.


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