• Margaux Liagre

Décryptage : Brexit, what’s next ?


Le 31 janvier, le Royaume-Uni est définitivement sorti de l’Union européenne (UE) après plus de trois ans et demi de négociation. Les deux blocs se lancent alors dans un an de dure négociation pour établir les nouvelles règles qui régiront leur relation future.


Le 31 janvier, le Royaume-Uni a quitter l'Union européenne, qui ne regroupe plus que 27 pays. ISTOCK.COM/RAMI_HAKALA

C’est Joao Vale de Almeida qui a été nommé nouvel ambassadeur de l’UE en Grande-Bretagne pour gérer l’après Brexit, dès le 1er février. Il sera alors le premier chef de la future délégation de l’Union européenne auprès du Royaume-Uni, de la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. Début février, une délégation de l’Union européenne s’installera au 32 Smith Square, dans les locaux des anciens bureaux de la Commission européenne à Londres.


Plusieurs fois reporté, le Brexit a bien eu lieu. Après le référendum de juin 2016, le Royaume-Uni devait sortir de l’UE le 29 mars 2019, puis le 31 octobre 2019 et finalement le 31 janvier 2020. C’est la fin d’un long feuilleton qui a provoqué de nombreux désaccords et démissions.


Mi-janvier, la Chambre des communes britanniques adopte la législation qui établie les modalités de divorce entre l’UE et a Grande Bretagne, en négociation depuis trois ans. Un vote sans surprise qui a obtenu 330 voix pour et 231 contre. Ce dernier a été aidé pat la victoire du Parti conservateur aux élections législatives anticipées organisées par Boris Johnson. Peu avant, cet accord avait été approuvé par les 27 pays européens à la Commission.


Tout reste à construire


L'UE des 27 doit maintenant oeuvrer avec le Royaume-Uni pour construire une nouvelle relation, durant la période de transition qui s’établira jusqu’au 31 décembre 2020. Durant ce laps de temps, les règles de l’UE continueront de s’appliquer outre-Manche. Pour beaucoup, cette période est bien trop courte pour établir les nouvelles règles d’une nouvelle relation avec le Royaume-Uni. Le négociateur en chef chargé de la conduite des négociations avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, estime que "nous ne pouvons tout simplement pas nous mettre d’accord sur chaque point de ce nouveau partenariat en moins d’un an. Nous ferons notre possible pour parvenir à des accords de grands principes mais nous aurons besoin de plus de temps pour nous entendre sur chaque point de cette déclaration politique".


A ce jour, Boris Johnson a exclut toute prolongation de cette période de transition, malgré la dénonciation d’un délai impossible à tenir pour beaucoup de responsables européens. Ursula von der Leyen confirme qu’il sera très compliqué d’arriver à un accord d’ici le 31 décembre. Cette date a pourtant été proposée par la Grande Bretagne conformément au référendum de 2016, et acceptée par les européens. Durant cette période, le Royaume-Uni ne possédera plus de siège dans les institutions politiques européennes et ne seront plus en mesure de prendre des décisions.


Les Britanniques devront alors s’accorder avec les Européens sur leur future relation, d’un point de vue commercial, et concernant des domaines de coopérations comme la défense ou la sécurité. Si aucun accord ne voit le jour à la date limite, ce seront les règles de base de l’Organisation mondiale du commerce qui s’appliqueront entre les deux entités.


Un futur encore flou


Selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, si aucun accord n’est trouvé, "on se retrouvera au bord d’un précipice", tout en ajoutant que le Royaume-Uni pâtira davantage de la situation que l’Union européenne, qui continuera de disposer de son marché unique.


Boris Johnson a, quant à lui, une vision assez précise de l’avenir de l’île. Il envisage une économie très dynamique, avec comme objectif d’établir un "Singapour sur Tamise". Cela provoquerait un chamboulement dans le marché européen, qui possèderait, pour la première fois, un concurrent de taille, aux portes de l’Europe, selon Angela Merkel.


Le principal enjeu de ces négociations reste donc l’établissement d’un accord de libre-échange, qui restituerait les règles commerciales entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union européenne. En un an, cela semble compromis. Rappelons que l’accord commercial avec le Japon avait mis 6 ans à naître. Il en a fallu 8 pour trouver un compromis qui concrétisa le projet du CETA, établi entre le Canada et l’Union européenne.


C’est pour cette raison que Michel Barnier vise alors, avec le temps imparti, arriver à un accord d’association, comme celui obtenu avec l’Ukraine, qui servira de base à la future relation entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

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