• Margaux Liagre

Décryptage : comment l'accès à l'avortement recule dans l'Amérique de Trump ?

Mis à jour : 30 mai 2019


Depuis le 15 mai, plusieurs états américains durcissent leur loi sur l’accès à l’avortement. Plus généralement, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, ce droit est de plus en plus menacé bien que le taux d’avortement soit au plus bas.

Historiquement, la légalisation de l’avortement aux États-Unis a été adoptée à la suite du cas Roe v. Wade en 1973. Il autorisait ainsi l’avortement si le foetus n’était pas viable. Au-delà, c’était aux états de décider s’ils élargissaient les conditions d’accès à l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

Un droit menacé, en paradoxe avec les chiffres bas de l’avortement américain


L’élection de Donald Trump a considérablement mis en péril ce droit pour les femmes. La décision de plusieurs états de durcir sa législation face à cet acte est paradoxale face au nombre d’avortements, qui n’a jamais été aussi bas. Le "Centers for disease controls and prevention" a établi un état des lieux du nombre d’avortements perpétrés entre 2014 et 2015. On remarque alors une diminution de 2% du nombre d’IVG effectués entre 2014 et 2015, passant de 652.639 à 638.169. De ce fait le taux d’avortements a baissé de 2%, atteignant 11,8 avortements pour 1.000 femmes âgées de 15 à 44 ans.

Depuis 2018, Trump a aussi cessé de reverser des subventions aux centres de santé pratiquant l’IVG. L’arrivée de juges conservateurs tels que Brett Kavanaugh à la Cour suprême ne font qu’augmenter la menace planant sur de ce droit.

De nombreux états tournent le dos à l’IVG


Depuis janvier 2019, quatorze états américains ont voté des lois visant à limiter l’accès à l’avortement. 28 états ont ainsi introduit à travers plus de 300 règles, dans le seul but de limiter le droit et l’accès à l’IVG. Tandis que seulement trois des cinquante états ont établis des lois cherchant à protéger ce droit.

L’Alabama s’est fait remarqué, le 15 mai en adoptant la loi la plus restrictive du pays en la matière. L’état du Sud-Est des États-Unis interdit désormais l’avortement au-delà de six semaines de grossesse, sans exception pour les viols ou les incestes. De ce fait les médecins pratiquant l’IVG risquent de 10 à 99 ans de prison, sauf en cas d’urgence vitale de la mère ou d’anomalie létale du foetus.

Cette loi ne sera pas effective avant six mois, ce qui laisse le temps aux pro-avortements de réagir par une action en justice.

Dans la même lignée, le Kentucky et le Mississippi interdisent désormais l’avortement du moment où les battements du coeur du bébé sont détectables. Ces derniers le sont dès la 6ème semaine de grossesse, ce qui revient à dire que l’avortement est prohibé après six semaines de grossesse.

Les états de Géorgie, l’Ohio, le Missouri et le Tennessee semblent sur la même voie.

Un classement des états selon leur opinion sur l’avortement


France info a créé une carte interactive permettant de connaître la position de chaque état sur l’avortement. Les états du Sud-Est et du centre semblent être les plus restrictifs face à ce droit. Sur les 50 états qui composent le pays, 25 ont entrepris des mesures restrictives quant à l’accès à l’avortement. 11 d’entre eux sont considérés comme "très restrictifs" face à cette mesure. Seulement 4 sont considérés comme "favorable" et la Californie reste le seul état américain "très favorable" face à l’avortement.

L’institut Guttmacher a publié les statistiques sur le contrôle des naissances aux USA. Ces dernières révèlent que les états considérés comme « favorables » sont ceux qui pratiquent le plus d’IVG dans le pays. En 2014, l’état de New York comptabilisait 2.961 avortements pour 100.000 femmes de 15 à 44 ans. Ce chiffre se confirme, car l’institut affirme que les avortements sont rares dans les états restrictifs. Toujours en 2014, on compte 358 avortements pour 100.000 femmes en Dakota du Sud, état considéré comme "très restrictif" en la matière.

Des réactions en cascade


De nombreuses personnalités, la plupart féminines, se sont exprimées pour exprimer leur contestation à la suite de l’adoption de ces lois. Des chanteuses telles que Rihanna, Lady Gaga ou encore P!nk ont exprimé leur désarroi et leur révolte face à cette décision, sur les réseau sociaux. L’actrice Alyssa Milano, a elle appelé à une "grève du sexe" suite à l’adoption de la loi en Georgie. Elle s’est exprimée sur Twitter:

"Tant que nous, les femmes, nous n'aurons pas le droit de disposer de nos corps, nous ne pouvons pas prendre le risque de tomber enceinte (…) COMME MOI, abstenez-vous de toute relation sexuelle jusqu'à ce que nous retrouvions notre autonomie."

L’adoption de ces lois restrictives dans plusieurs états ont ainsi provoqué la révolte sur les réseaux sociaux. De nombreux anonymes se sont dit outrés que les femmes ne puissent plus disposer de leur corps librement.


19 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

© 2018. Tous droits réservés

    • Twitter - Black Circle
    • Instagram - Black Circle
    This site was designed with the
    .com
    website builder. Create your website today.
    Start Now