• Margaux Liagre

Décryptage : Joe Biden visé par une accusation d’agression sexuelle

Mis à jour : 11 mai 2020


Dernier candidat en lice pour l’investiture des primaires démocrates américaines, après l’abandon de Bernie Sanders, l’ancien vice-président de Barack Obama pourrait être déstabilisé par une accusation d’agression sexuelle.


Le candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2020, Joe Biden, sur MSNBC, le 1er mai. AP via Le Monde

Encore en campagne pour l’investiture démocrate de cet été, Joe Biden s’est exprimé vendredi 1er mai sur la chaîne MSNBC pour répondre pour la première fois à une récente accusation d’agression sexuelle, remontant aux années 1990.


Une accusation qui remonte à 1993


Tout commence le 25 mars, quand Tara Reade, une ancienne collaboratrice de Joe Biden au Sénat, affirme que l’ex vice-président de Barack Obama l’a agressée sexuellement en 1993 dans un couloir du Congrès américain. Cette annonce a l’effet d’une bombe. Alors que le candidat démocrate tentait d’esquiver la question, pendant plusieurs semaines malgré plusieurs interviews télévisés, l’affaire finit par le rattraper.


L’ancienne collaboratrice de 56 ans affirme s’être retrouvée seule avec le sénateur, qui l’a "mise contre le mur", embrassée et "pénétrée avec ses doigts", le tout, sans véritable "échange de mots" précise la plaignante.


Durant ces semaines de silence, l’allégation de l’ancienne collaboratrice de Joe Biden gagne en force et le démocrate reçoit plusieurs appels lui demandant de s’expliquer sur les faits. L’accusation de Tara Reade est également renforcée par le témoignage de ces amies, affirmant qu’elle leur en avait parlé il y a des années.


Le 9 avril, Tara Reade présente un rapport à la police de Washington dans lequel elle affirme avoir été victime d’une "agression sexuelle" en 1993, sans citer le nom de Joe Biden. L’AFP affirme que le rapport est classé. Bien que les faits soient prescrits, l’ancienne collaboratrice a présenté ce rapport afin de prouver qu’elle était prête à faire une déclaration sous serment.


Le candidat sort du silence

Jusqu’alors, l’équipe de campagne du candidat renvoyait à un communiqué de sa porte-parole, Kate Bedingfield, qui démentait cette accusation : "Le vice-président Biden a consacré sa vie publique à changer la culture et les lois relatives à la violence contre les femmes. Il est l’auteur et s’est battu pour l’adoption et la ré-autorisation de la loi historique sur la violence contre les femmes. Il croit fermement que les femmes ont le droit d’être entendues – et entendues respectueusement. Ces revendications devraient également être examinées avec diligence par une presse indépendante. […] Ce qui est clair à propos de cette revendication : elle est fausse. Cela ne s’est absolument pas produit."


"Ces allégations ne sont pas vraies. Cela n’est jamais arrivé" affirmait déjà le candidat dans un communiqué, précisant qu’il n’existait pas de "trace écrite" d’une plainte déposée par Tara Reade au moment des faits.


C’est dans son sous-sol, en direct du "Morning Joe" de la chaîne MSNBC que Joe Biden a démenti, vendredi 1er mai, l'accusation d’agression sexuelle de son ancienne collaboratrice au Sénat.

Ces allégations "sont fausses. Je le dis sans équivoque, cela n’est jamais, jamais arrivé" a insisté l’ancien vice-président.

Précisant ne se souvenir d’aucune plainte portée par l’accusante, l’ancien bras droit de Barack Obama a précisé qu’"il n’y a pas d’accord de confidentialité signé". Aux États-Unis, les accusations d’agressions sexuelles donnent souvent lieu à une transaction financière par laquelle les victimes acceptent de garder le silence sur les faits.


Mais ces allégations pourraient provoquer des complications dans la stratégie de campagne du candidat démocrate. Bien qu’épargné par la presse américaine ses dernières semaines sur le sujet, Joe Biden cherche aujourd’hui a sortir de cette affaire, potentiellement dommageable pour sa compagne.


Le candidat doit impérativement retrouver de la visibilité sur d’autres thèmes comme le choix de sa colistière. En effet, ce dernier pourrait considérer une femme pour assurer le poste de vice-présidente s’il venait à être élu. Plusieurs noms circulent dès à présent : la sénatrice californienne Kamala Harris, l’ancienne candidate au poste de gouverneur de Géorgie Stacey Abrams ou encore la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar.

12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

© 2018. Tous droits réservés

    • Twitter - Black Circle
    • Instagram - Black Circle
    This site was designed with the
    .com
    website builder. Create your website today.
    Start Now