• Margaux Liagre

Décryptage : la Coupe du Monde de football féminin 2019

Mis à jour : 10 juin 2019


Cette année, du 7 juin au 7 juillet se déroule la Coupe du Monde féminine. Après la victoire de l’équipe masculine l’an dernier, les Bleues comptent bien elles aussi "ramener la coupe à la maison". Elles disposent d’un avantage considérable : pour la première fois, elles disputeront les matchs à domicile.


Pour cette 8ème édition, la compétition se déroulera en France. 24 nations s’affronteront, dont quatre qui n’ont jamais participé aux mondiaux auparavant : le Chili, l’Écosse, la Jamaïque et l’Afrique du Sud.



Cette compétition, se déroule comme celle des hommes, elle a lieu tous les quatre ans et les nations doivent en premier lieu se qualifier par des éliminatoires, pour les phases de poules. S’en suivent alors les 8ème de finale, les quarts, la demie et enfin la finale.


Les joueuses de Caroline Diacre (sélectionneuse) figurent parmi les favoris de cet événement. Toutefois, elles devront se méfier des Américaines, trois fois victorieuses de la compétition, ainsi que des Allemandes, qui ont remportées deux fois le titre.


Mais l'équipe de France a toutes ses chances. Cette année, elle a atteint la 3ème place au classement FIFA des meilleures nations.


Cette tendance s’est confirmée lors du match d’ouverture au Parc des Princes, vendredi. Les Bleues ont battu les Sud-Coréennes 4 à 0, notamment grâce au doublé de la tête de Wendie Renard. De nombreux commentateurs ont souligné leur stratégie et leur technique de jeu, qui pourrait les mener à la victoire.


Une discipline qui prend de l’ampleur…


Le football féminin n’a fait que se démocratiser ses dernières années. L’organisation de cette Coupe du Monde, en France, ne fait que confirmer l’engouement des français pour ce sport. Un million de billets ont déjà été vendus, affichant la finale déjà complète.


Entre 2015 et 2019, les droits TV pour la diffusion des matchs ont été multiplié par 11 ! Il y quatre ans, W9 avait acheté l’exclusivité des doits de diffusion pour 850 000€. Cette année, TF1 a dû débourser près de 10 millions d’euros. Le fait que la compétition ait lieu en France doit aussi influer sur ces chiffres.


Grâce à TF1, les matchs acquerront davantage de visibilité par rapport à il y a quatre ans. Cela s’est confirmé lors du match d’ouverture, qui a réuni près de 9,8 millions de téléspectateurs, un "record historique" pour du football féminin, selon la chaîne.


L’antenne a même enregistré un pic d’audience à 10,9 millions de téléspectateurs, presque autant que pour le match des Bleus du 16 juin 2018, contre l’Australie, qui avait réuni, à la mi journée près de 12,59 millions de français.


Selon Médiamétrie, la chaîne a recueilli 44,3% des parts d’audience, avec 51% des femmes de 25-49 ans, 47% des femmes de moins de 50 ans "responsables des achats" et 57% des hommes de moins de 50 ans.


… mais toujours sujette à des discriminations et inégalités


À la suite de ce premier match, certains ont exprimé leur incompréhension face à ce sport. C’est le cas du philosophe Alain Finkielkraut qui a évoqué le football féminin au micro de Cnews : "Alors là, je n’aime pas le football féminin. Arrêtez avec l’égalité ! L’égalité bien sûr, mais avec un peu de différence. […] Cela ne me passionne pas. Ce n’est pas comme ça que j’ai envie de voir des femmes". Ces propos ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.


Lors de la cérémonie du Ballon d’Or 2018, le DJ Martin Solveig avait demandé à la footballeuse professionnelle Ada Hegerberg, récompensée, si elle savait "twerker" ( fait de danser d’une façon sexuellement provocatrice sur de la musique, selon Urbandico). Une prise de parole vivement critiquée sur les réseaux sociaux, notamment Twitter.


La joueuse, Ada Hegerberg, refuse cette année de participer à la Coupe du Monde, estimant que la Norvège (son pays d’origine) n’aurait pas fourni assez d’efforts en matière d’égalité femme/homme dans le football.


De plus, en comparaison avec les Bleues, l’équipe de France féminine semble moins "valoir" aux yeux des médias et de la Fédération. En effet, lorsque TF1 débourse 10 millions d’euros pour la diffusion des matchs féminins, la chaîne paye 130 millions d’euros pour disposer des droits des Bleus. Bien qu’un million de place ait été vendu, cela reste bien moins que les 2,4 millions de billets vendus l’an dernier pour la Coupe du Monde masculine.


Concernant les salaires, là aussi les femmes sont moins bien loties que leur collègues masculins. Quand Antoine Griezmann, le joueur le mieux payé des Bleus, a gagné 30 millions d’euros en 2018 à l’Atletico Madrid, son homologue féminin, Amandine Henry  perçoit 360 000 € à l’Olympique Lyonnais.


Concernant la prime des joueurs, chacun des Bleus avait perçu 400 000 € grâce à leur victoire. Si l’équipe féminine remporte la coupe cette année, chacune des joueuses recevra  40 000 €, soit dix fois moins.


Ayant échoué en quart de finale il y a quatre ans, les Bleues étaient attendues au tournant lors du match d'ouverture. Elles ont réussi à montrer à leur supporters qu'elles comptaient bien, comme leurs homologues masculins, remporter la victoire. Cette tendance devrait alors se confirmer lors de leur deuxième match, le 12 juin, contre la Norvège, un adversaire plus redoutable.  

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