• Margaux Liagre

Européennes : ce qu'il faut retenir des élections

Mis à jour : 30 mai 2019


Ce dimanche 26 mai, tous les Français étaient appelés à voter. Depuis jeudi, tous les pays de l'Union Européenne se sont rendus aux urnes afin d'élire les eurodéputés du Parlement européen. Voici ce qu'il faut retenir de ces élections.


La victoire du Rassemblement national  


En France, le Rassemblement national mené par Jordan Bardella est arrivé en tête des votes avec 23,31% des voix. Suivi de près par LREM qui obtient 22,41%, ils obtiendront mutuellement 22 et 21 sièges au Parlement européen avant le départ du Royaume-Uni de l'UE (23 chacun après le Brexit).


Ce n'est pas la première fois que l'extrême droite arrive en tête lors d'élections européennes. Ce fut le cas en 2014 lorsque le FN (Front National) avait obtenu 24,86% des voix.


Bien que le Rassemblement national ait recueilli plus de 600.000 voix de plus qu'en 2014, son nombre de sièges sera moins important. Cela est dû au scrutin proportionnel: la liste LREM ayant fait un meilleur score que l'UMP arrivé deuxième en 2014, le Rassemblement national n'enverra que 23 eurodéputés à l'hémicycle du Parlement européen, contre 24 en 2014.


À l'échelle européenne, le groupe d'extrême droite ENL va presque doubler son nombre d'eurodéputés par rapport à 2014. Toutefois cela ne sera pas suffisant pour former un groupe nationaliste et populiste suffisamment assez puissant. Le groupe passera de la 8ème à la 4ème place en terme d'influence. Cela ne lui permettra pas d'avoir assez de poids pour réformer les traités ou bloquer la moindre réforme.


"Un grand mouvement pour l'alternance est né ce soir" a proclamé Marine Le Pen à l'annonce des résultats. Toutefois, selon les sondages, les anciens électeurs de François Fillon ont davantage votés pour le parti mené par Nathalie Loiseau que pour le parti d'extrême droite.


Les autres listes


La surprise vient d'Europe écologie les verts, liste de Yannick Jadot qui a obtenue 13,47% des voix et qui enverra 13 eurodéputés à Strasbourg. Élu premier parti chez les jeunes de moins de 35 ans, un quart 18-24 ans se sont tournés vers le parti écologiste, tout comme 28% des 25-34 ans.  


"C'est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs […] je suis très heureux que les jeunes se soient emparés de ce scrutin, beaucoup plus que prévu", s'est exprimé Yannick Jadot, à la tête du mouvement.


Crédité de 12 à 14% des intentions de vote, Les Républicains arrivent en quatrième position, essuyant une forte défaite. Le parti habituellement sur le podium a, hier recueilli seulement 8,48% des voix. Ce scrutin marque le pire score jamais connu lors d'élections européennes par le parti, ayant obtenu près de 20% des voix en 2014.


"La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire" s'est exprimé François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti. Selon Laurent Wauquiez, "Emmanuel Macron a fait un choix lourd de conséquence en réduisant le débat européen à une croisade contre Marine Le Pen, pleine d'arrières pensées. Nous avons 3 ans pour faire naître l'espoir".


Le Parti socialiste subit aussi une défaite. L'alliance PS-Place publique n'a recueilli que 6,19% des suffrages. Ce matin Raphaël Glucksmann s'est exprimé sur Franceinfo: "Le message, c'est que la gauche existe encore dans ce pays. […] Le Ps renaît". Même si le parti traverse une crise, l'eurodéputé semble prêt à tout pour faire ressusciter le parti.


Une participation en hausse


En France, la participation a atteint 50,12% des inscrits, soit 22,6 millions de suffrages. Ce chiffre souligne une nette augmentation de la participation par rapport aux trois précédentes élections européennes qui, depuis 2004 stagnaient autour des 40%. Cette valeur se confirme à l'échelle européenne, où le taux de participation s'élève à 50,95%.


Les résultats dans les autres pays de l'UE


Les élections étant européennes, voici les résultats des différents pays de l'UE. En Allemagne, le parti d'Angela Merkel arrive en tête. La CDU-CSU obtient 28,70% des voix, ce qui lui permet d'acquérir 29 sièges au Parlement européen. Les verts arrivent en seconde position avec 20,70% des voix et 21 sièges à Strasbourg. Ils sont suivis du SPD (parti social-démocrate) qui acquiert 15,60% des suffrages, lui permettant d'accéder à 16 sièges au Parlement européen. Pour finir, l'AfD (parti d'extrême droite) a obtenu 10,80%, correspondant à 11 sièges.


Pour l'Autriche, c'est l'ÖVP (coalition droite conservatrice et extrême droite) de Sebastian Kurz qui arrive en tête avec 34,90% des voix. Cela correspond donc à 7 sièges au Parlement. Les socialistes du SPÖ d'Andreas Schieder arrivent ensuite avec 23,4% des suffrages et 5 sièges. Vient en troisième position, l'extrême droite du FPÖ d'Harald Vilinsky en ayant obtenu 17,2% des voix. Ils perdent cependant un siège par rapport aux dernières élections, avec seulement 3 représentants à Strasbourg, contre 4 en 2014. Les verts arrivent ensuite avec 14% des votes, ce qui correspond à 2 sièges (perte d'un siège face à 2014). Pour finir, le parti libéral Neos obtient 8,7% des voix et reste avec un seul siège, comme en 2014.


En Grèce, c'est le parti des conservateurs "Nouvelle démocratie" est en tête avec 33,27% des suffrages. Il obtiendra donc 9 sièges au Parlement européen. Il est suivi par le parti su Premier ministre Alexis Tsipras, Syriza, qui se retrouve avec 23,85% des voix, soit 6 sièges.


Pour la Pologne, c'est le parti conservateur Droite et Justice (PiS) qui brigue la première place avec 45,1% des voix. Ce score lui offrira 24 sièges au Parlement européen (PE). En deuxième position vient la coalition des 6 partis écologistes, socio-démocrates et centristes qui obtiennent 38,4% des votes et 21 sièges.


En Italie, la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini arrive en pôle position grâce à 33,64% des voix, ce qui lui offrira 28 sièges dans l'hémicycle à Strasbourg. Le parti est suivi par le parti démocrate (centre-gauche) qui atteint les 23,52% des suffrages, soit 19 sièges. Pour finir, le Mouvement 5 étoiles (mouvement populiste) de Luigi Di Maio acquiert 16,65% des voix, soit 14 sièges au PE.


L'Espagne reste l'une des exceptions de l'UE avec le PSOE (parti socialiste) en tête avec 32,84% des voix. Le parti de Pedro Sanchez, chef du gouvernement, obtiendra 20 sièges au Parlement européen. Il est suivi par le PP (parti populaire, droite) qui obtient 20,13% des suffrages et 12 sièges. Vient ensuite Ciudadanos (12,10%) et Podemos (10,06%), enfin, Vox (extrême droite) fait son entrée au Parlement européen grâce aux 6,20% des votes qui lui permettent de faire entrer 3 eurodéputés à Strasbourg.


Pour finir, en Hongrie, le parti souverainiste Fidesz de Viktor Orban, arrive en tête avec 52,33% des voix, soit 13 sièges au PE. Le parti de centre gauche obtient, lui, 16,19% des suffrages, et 4 sièges dans l'hémicycle.


Concernant le Royaume-Uni, le pays aurait dû quitter l'UE le 29 mars. Faute d'accord, il réside toujours en tant que membre de l'Union européenne à ce jour. Les britanniques se sont donc rendus aux urnes le 23 mai. Seuls 37% des inscrits ont voté. 31,71% de ces votes ont été favorables à l'extrême droite (parti du Brexit) qui disposera de 29 sièges au Parlement européen. Les libéraux-démocrates ont obtenu 18,55% des voix, ce qui correspondra à 16 sièges. Le parti travailliste recouvre 14,05% des votes, soit 10 sièges au Parlement européen. Enfin, les verts ont obtenus 11,09% des suffrages, soit 7 sièges.


De manière générale, sur les 751 sièges du Parlement européen, 174 seront occupés par des conservateurs (Parti Populaire européen), 153 par les socio-démocrates, et 117 par des europdéputés d'extrême-droite. 106 sièges seront occupés par des centristes-libéraux et 73 par les verts (écologistes et régionalistes).


On remarque, à l'échelle européenne, une augmentation globale des votes envers l'extrême droite et les populismes. Dans plusieurs pays, ces partis sont en progression par rapport aux élections de 2014.


Toutefois, cette composition du Parlement où le bipartisme droite/gauche s'est nettement estompé, présage des difficultés dans les négociations. Des accords devront être trouvés entre les conservateurs et les socio-démocrates afin d'arriver à une cohésion et à des décisions communes.

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