• Margaux Liagre

La photo du mois : des marches pour sauver le monde


Des évènements pour protester contre l'inaction climatique ont eu lieu à travers 135 pays, le 20 septembre. M.Scott Mahaskey/POLITICO

Le 20 septembre, des millions de jeunes, appelaient toutes les générations à marcher en faveur du climat et faire pression sur les gouvernements. La manifestation est considérable, à New York, plus de 250 000 personnes se sont rassemblées, selon les organisateurs. Parmi elles, Greta Thunberg, la jeune militante suédoise à l’origine de la grève scolaire pour le climat, s’était joint à eux.

La militante suédoise s’est exprimé lors d’un discours à Battery Park, se félicitant de l’engouement de ces rassemblements. "Nous comptons encore, mais nous sommes au moins 250 000 [60 000 selon la police] à New York City, et 4 millions dans le monde. C’est la plus grande grève pour le climat de l’histoire".

Devant des milliers de militants, elle a rappelé l’importance de la question climatique, estimant que "c’est une urgence, notre maison brûle. Et ce n’est pas seulement la maison de la jeune génération, nous vivons tous ici. Suite à cela, elle a réaffirmé sa volonté de lutter contre le problème. Cela nous affecte et nous n’allons pas rester là à regarder. Nous allons nous unir derrière la science et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter cette crise".

"Aujourd’hui nous avons hérité de cette crise climatique, nous sommes là pour faire pression sur les politiques : c’est maintenant qu’il faut agir. Nous sommes à un moment pivot de notre histoire" explique une activiste venue de Seattle pour manifester.

Cette fois-ci, les jeunes n’étaient pas les seuls appelés à se faire entendre, tout le monde devait se mobiliser pour sauver notre planète. De nombreux salariés se sont greffés aux cortèges. Des employés d’entreprises telles qu’Amazon, Google, Facebook et Microsoft sont venus manifester leur inquiétude quant à leur avenir.

Greta Thunberg a de nouveau pointé du doigt l’inaction de la part des politiques. "D’où je viens c’est très différent d’ici, mais les promesses vides les mensonges et l’inaction sont partout les mêmes".

Selon la jeune militante, "le monde entier a les yeux rivés sur nos dirigeants". Greta Thunberg explique alors qu’ils ont une chance de prouver qu’ils peuvent s’unir, ensemble, derrière la science et de prendre les choses en main, "pour montrer qu’ils nous écoutent vraiment".


Dans le monde, ce sont plus de 5 000 évènements qui ont vu le jour dans plus de 135 pays différents. À Paris, un décompte indépendant estime que 9 400 personnes manifestaient contre l’inaction climatique. Certains Gilets Jaunes se sont associés à eux, pour unir leur force et leurs causes. Certains blacks blocs ont semé la confusion au milieu du cortège et provoqué la dissolution de ce dernier.

Depuis environ un an, les mobilisations citoyennes ont lieu le vendredi, pour faire entendre leur voix et les peurs que provoque ce déclin climatique. "Pourtant on a pas l’impression que la situation se soit améliorée sur le plan social ou écologique. Il est temps de monter d’un cran nos actions" estime Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France.


Aucunes avancées concrètes à l’ONU


Le lendemain, 21 septembre, se tenait un sommet de la jeunesse sur le climat à l’ONU. Quelques jours auparavant, Greta Thunberg avait rencontré Barrack Obama et s’était exprimé devant le Congrès américain.

Un sommet spécial climat s’est ouvert le lundi 23 septembre, convoqué par Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU. Une soixantaine de dirigeants étaient attendus pour présenter des plans "concrets et réalistes" de réductions de gaz à effet de serre.

Ce sommet Action Climat avait comme objectif de sauver les mesures entreprises dans l’Accord de Paris. Deux absents se sont fait fortement remarquer : Donald Trump avait annoncé boycotter la réunion mais a tout de même fait une courte apparition lors du discours du Premier ministre indien Narendra Modi.


Le président brésilien Jair Bolsonaro s’est aussi fait remarquer pour son absence. Le président avait décidé de ne pas se rendre à ce sommet, faute de mesure à annoncer.


La jeune militante suédoise, invitée à prononcer un discours devant l’assemblée de chefs d’État, déclara, furieuse, "Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan".

Émue aux larmes, Greta Thunberg a lancé : "Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses. Vous nous avez laissé tomber. Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison. […] Si vous décidez de nous laisser tomber, je vous le dis : nous ne pardonnerons jamais. Nous ne vous laisserons pas vous en sortir comme ça".

"Le monde se réveille, et le changement arrive, que cela vous plaise ou non" a-t-elle clamé pour clôturer son élocution.

Au dernier jour du sommet, vendredi 27 septembre, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont mobilisés et ont marché en faveur du climat. Selon les organisateurs, 170 000 personnes ont manifesté en Nouvelle-Zélande, soit 3,5% de la population.


Des rapports tirent la sonnette d’alarme


Ces mobilisations ne sont pas infondées. C’est ce que confirme le dernier rapport du groupe international d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui alerte sur l’état des océans et de la cryosphère. Montée des eaux, canicules océaniques fonte du permafrost ne sont que le début des conséquences que provoquera l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.


Ces changements majeurs affecteront de manière irréversible la planète. Le rapport estime que, si aucune baisse des émission de gaz à effet de serre n’est opérée, les océans cesseront de produire 50% de l’oxygène que nous respirons et d’absorbé 80% du CO2 rejeté.

La fonte des glace inquiète aussi les experts. En septembre, la fonte des glaces est "probablement sans précédent depuis au moins mille ans". Ce n’est pas seulement l’impact des écosystèmes qui est à prévoir, mais des conséquences pour l’être humain qui pourra voir des terres englouties, provoquant des déplacements massifs.

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