• Margaux Liagre

La photo du mois : des migrants noyés relancent le débat de l'immigration américaine

Cette photo, prise par Julia Le Duc, une journaliste du quotidien mexicain La Jornada, a ému toute la presse internationale. Elle a révélé, de manière dure et choquante, la réalité de l'immigration vers les État-Unis.

Les corps sans vie d’Óscar Alberto Martínez Ramírez View et de sa fille Valeria, deux migrants salvadoriens, découverts lundi, dans le Rio Grande. AFP/STR

Le symbole du drame de la migration illégale vers les USA


Cette image a fait le tour du monde. On y voit un père et sa fille, noyés dans les eaux du Rio Grande, qui sert de frontière entre le Mexique et les États-Unis. Une nouvelle fois, le débat de l'immigration vers l'American dream est relancé.


Oscar Alberto Martinez Ramirez et sa fille Valeria sont morts en voulant rejoindre l'autre côté de la frontière. Julia Le Duc a publié cette photo le 24 juin dans le journal local où elle travaille. Celle-ci a ensuite été reprise des centaines de fois pour illustrer la tragédie qui frappe de nombreux migrants en quête de vie meilleure.


Cette famille salvadorienne composée des parents et de leur petite fille Valeria, étaient au Mexique depuis plus de deux mois. Alors qu'ils attendaient un rendez-vous pour obtenir un droit d'asile pour les États-Unis, ils se rendent le 23 juin au bureau des migrations le plus proche. L'administration étant fermée et l'attente déjà longue pour le lendemain, le père de famille décide alors de traverser le Rio Grande pour vivre"l'American dream".


Oscar Alberto Martinez Ramirez emporte donc sa fille le long de la traversée et la dépose du côté américain, afin d'aller chercher sa femme. Mais la petite fille décide de le suivre dans les eaux du fleuve mais est prise par le courant. Le père s'empresse d'aller la récupérer et tente de la sauver. Tous les deux dérivent sous les yeux impuissant de leur mère et épouse. Leurs corps ne seront retrouvés que le lendemain matin par les pompiers, moment où a été prise la photographie.


Cette image a entrainé de vives réactions dans la presse internationale et a fait la Une de nombreux journaux américains et mexicains. Nombreux sont ceux qui ont vu en cette image celle du petit Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque en 2015.


La politique américaine envers l'immigration


Ce cliché a immédiatement relancé le débat sur l'immigration aux États-Unis, mais, changera-t-elle réellement quelque chose ?


L'Amérique a mis en place une politique de dissuasion envers les migrants illégaux, autant aux frontières, qu'une fois entrés dans le pays. Certaines ONG, comme Amnesty International dénoncent ainsi les traitements subis par les migrants en terre américaine.


Le projet de mur entre le Mexique et les États-Unis montre bien l'hostilité de ces derniers à accueillir des migrants sur leur territoire. Le pays semble donc prêt à débourser plus de 25 milliards de dollars pour diminuer le flux migratoire passant la frontière. La frontière mexicaine, longue de 3 200 km, reste toutefois le principal point de passage pour les migrants afin d'accéder à l'American dream.


En 2017, 492 migrants ont perdu la vie en voulant rejoindre les États-Unis.


Entre mars et mai 2018, 50 000 personnes étaient appréhendés chaque mois pour tenter d'entrer en Amérique 40 % d'entre eux étaient salvadoriens, vénézuéliens et guatémaltèques.


Une enquête Amnesty International révèle les initiatives brutales utilisées par l'administration Trump pour diminuer cet afflux migratoire. De nombreux renvois forcés et illégaux de milliers de demandeurs d'asile sont effectués à la frontière mexicaine. Cette décision bafoue la législation américaine "en matière d'asile et de droit international relatif aux réfugiés" car les agents n'enregistrent ou ne traitent pas leur demande, selon l'ONG. Les réfugiés subissent des atteintes aux droits humains sur place, ou une expulsion, et risquent d'être victimes de violation de leurs droits fondamentaux.


L'administration américaine sépare de nombreuses familles, une fois rentrées sur le territoire américain, les plaçant ensuite en centre de détention jusqu'à l'examen de leur demande d'asile. Entre le 19 avril et le 15 août 2018, ce sont plus de 6 000 familles qui auraient été séparées et placées en détention. Toutefois, les autorités américaines minimiseraient ces chiffres, ne prenant pas en compte par exemple les familles composées de grands-parents avec leurs petits-enfants ou encore les membres d'une famille non-immédiate. Depuis 2017, le gouvernement de Trump avoue avoir séparé plus de 8 000 cellules familiales. On peut donc supposer qu'il ya davantage de victimes sur cette même période de temps.


Pour finir, l'Amérique a recours à la détention arbitraire et illimitée des demandeurs d'asile. Ces derniers sont sans possibilité de libération conditionnelle durant l'examen de leur demande. Cette forme de détention est considérée comme arbitraire et viole le droit américain et international.


Ces différentes violations généralisées des droits humains sont mises en place par le gouvernent américain, pour punir et dissuader les migrants de passer la frontière.

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