• Margaux Liagre

Les Ours se battent pour leur bile en Asie

La bile d’ours ne vous parle peut-être pas, mais en Asie, ce liquide vaut de l’or. Vendu par petite fiole ou sous forme de bile séchée, un gramme de cette dernière coûte environ 170 €. Mais à quoi ça sert ? Selon la médecine traditionnelle chinoise, la bile d’ours aurait la faculté de dissoudre les calculs biliaires et rénaux, calmer les inflammations, guérir un cancer du foie ou encore un pouvoir aphrodisiaque. Un remède magique qui coûte la vie de nombreux ours noirs à collier. En effet, environ 10 000 ours en Chine et 2 400 au Vietnam sont captifs, enfermés dans de minuscules cages. On leur prélève, dès un an, alors leur bile, deux fois par jour au moyen d’un cathéter introduit directement, et sans anesthésie dans la vésicule biliaire. Cette opération douloureuse est souvent effectuée avec du matériel rouillé, sans grande protection d’hygiène. Ainsi, les ours développent de graves infections, maladies ou tumeurs qui provoquent, la plupart du temps leur mort de manière prématurée. Afin d’accroître cette production, les fermes de bile ursidés affament et déshydratent les ours. Leur conditions de vie sont donc inacceptables. Bien que ce trafic illégal soit très présent en Asie, cette pratique est peu connu en Europe. Cependant ce marché lucratif séduit les touristes. Une étude menée en 2010 par Education for Vietnam déclare que chaque jour, dix autocars de se rendent sur les exploitations ursicoles vietnamiennes. Ces derniers se laissent tenter par l’originalité du produit sans prendre connaissance de la souffrance engendrée par les ours. Qu’en dit la science ? Certaines études ont démontrées que la bile d’ours n’avait aucun effet sur l’être humain. D’autres affirment qu’elle provoquerait même un effet néfaste sur le corps. Animals Asia Fundation sensibilise à cette cause et précise que la bile prélevée sur les animaux contient du pus, des bactéries, des toxines, voire des agents cancérigènes. En effet, 95% des animaux décédés dans leurs refuges ont été victimes de cancers du foie liés aux infections de la vésicule biliaire. En 2010, quatre personne seraient mortes suite à la consommation de bile d’ursidés. Par la suite, 152 praticiens de la médecine traditionnelle ont déclaré ce produit comme « dangereux ». Alors que la Corée du Sud autorise toujours la vente de produits issus de bile d’ours, en 2015, le Vietnam a décrété l’interdiction de la vente de bile dans le nord du pays. De nombreuses associations lutte pour la fin de ce s-trafic. Animals Asia Fundation ouvre alors des refuges pour recueillir les ours noirs relâchés par les fermes ursicoles. Chaque années, ils arrivent à en secourir 500. Une prise de conscience s’établit sur le sujet, alors que les associations alertent toujours les autorités quant au traitement des ours dans ces exploitations: ces derniers ont les pâtes craquelées et en décomposition, faute d’avoir touché le sol, les dents cassées à force de mordre les barreaux… Un commerce illicite qui continue tout de même son chemin, sous pretexte de la croyance traditionnelle, un nombre incalculable d’ours meurent chaque année pour cette industrie de l’horreur.

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