• Margaux Liagre

Portrait : Christine Lagarde


Avocate, femme d’affaire et femme politique française, Christine Lagarde va devenir la première femme présidente de la Banque centrale européenne. Retour sur le parcours de cette femme puissante.


Christine Lagarde sera la première femme à présider la Banque centrale européenne. @Belga Image

Une carrière brillante


En 1981, Christine Lagarde fini ses études et devient avocate au barreau de Paris. Elle fera ses premiers pas dans le département de droit social du cabinet Baker & McKenzie, l’un des premiers cabinets d’avocats mondiaux.

En 25 ans, elle gravit tous les échelons. Six ans après son arrivée au cabinet, elle devient associée du bureau parisien, avant de devenir associée gérante en 1991. Quatre ans plus tard, elle sera membre du comité exécutif mondial du groupe à Chicago, comité qu’elle présidera en 1999.

C’est la première femme à être à la tête du comité ainsi que la première personne non-américaine. Au cours de sa mission, elle fera bondir le chiffre d’affaires de 50 %.

En 2000, elle est élevée au grade de Chevalier de la Légion d’honneur par Jacques Chirac, après avoir co-présidé la commission d’action entre les États-Unis, l’Union européenne et la Pologne, où elle s’est particulièrement consacrée à la question de la libéralisation des échanges polonais.

Dès 2002, Christine Lagarde est classée comme 5ème femme d’affaires européenne par le Wall Street Journal Europe.

Les débuts en politique


En 2005, après son retour en France, elle entame sa carrière politique, encouragée par Jean-Pierre Raffarin.

Christine Lagarde est alors nommée au gouvernement Villepin au poste de ministre déléguée du Commerce extérieur. Deux ans plus tard, en 2007, elle sera, pendant un mois, ministre de l’Agriculture et de la Pêche dans le gouvernement Fillon. Christine Lagarde devient alors la deuxième femme, après Edith Cresson à occuper ce poste.


Suite aux élections législatives, elle devient, le 19 juin 2007, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. C’est ainsi la première femme à occuper ce poste ministériel.

Durant son mandat ministériel, Christine Lagarde fera adopter la loi TEPA, qui défiscalisation les heures supplémentaires et allège les droits de succession. On l’associera aussi à la loi LME (loi de la modernisation de l’économie) qui encourage les entrepreneurs durant leurs parcours, relance la concurrence, renforce l’attractivité du territoire et améliore le financement de l’économie. Enfin, Christine Lagarde initiera la réforme du crédit à la consommation afin de limiter le surendettement des ménages.

En 2006, le magazine d’économie Forbes la classera 30ème des femmes les plus puissantes du monde. L’année suivant, elle montera à la 12ème place de ce classement et briguera la troisième place des femmes les plus puissantes d’Europe, et la deuxième de France.

Le Financial Times la considérera, en 2009, comme "le meilleur ministre des Finances de la zone euro". Cette même année, le Time magazine la citera dans sa liste des 100 personnes le plus influentes du monde. Elle figurera aussi dans cette liste en 2010.

Christine Lagarde deviendra, au cours des années 2010, la personnalité politique préférée des Français.

La présidence du FMI


Le 18 mai 2011, Dominique Strauss-Khan démissionne de son poste de directeur du Fonds monétaire international, suite aux accusations d’agressions sexuelles à New York. Christine Lagarde reçoit le soutien des pays européens, de la Russie et des États-Unis pour reprendre son poste.

Le 5 juillet 2011, elle devient la première femme à la tête de l’institution (hors intérim), et ce, pour cinq ans. C’est aussi la première dirigeante du FMI à ne pas être économiste. Mais son expérience, sa capacité de travail, sa réputation de compétence et sa maîtrise parfaite de l’anglais joueront en sa faveur.

Durant son mandat à la tête du FMI, Christine Lagarde reconnaîtra le Yuan chinois (¥) comme monnaie de référence. Elle lancera aussi une réforme du FMI afin de donner plus de poids aux pays émergents.

Toutefois, sa gestion de la crise de la Grèce sera contestée par les habitants du pays eux-mêmes. Le FMI avait toutefois tenté de sauver le pays avec un plan d’aide de 110 milliards d’euros ainsi qu’un plan d’austérité.

En 2014, Forbes considère Christine Lagarde comme la 5ème femme la plus puissante du monde dans son classement annuel. Deux ans plus tard, elle sera reconduite au même poste, pour cinq nouvelles années de présidence.

Entrée dans le monde de l’Union européenne


Le 2 juillet 2019, le Conseil européen propose Christine Lagarde comme candidate potentielle à la tête de la Banque centrale européenne. Sa nomination est aujourd’hui en attente de validation par les directeurs de banques centrales nationales. Durant la période de transition de nomination, Christine Lagarde quittera ses fonctions au FMI.

Cette décision est motivée par son bilan positif en tant que ministre des Finances ainsi que son bilan à la tête du FMI. Toutefois, certains soulignent que Christine Lagarde n’a aucune expérience dans la direction d’une banque centrale et critiquent son rôle dans l’affaire du crédit lyonnais.

Toutefois, Stéphane Richard, actuel PDG d’Orange et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy a estimé au micro de Léa Salamé, sur France Inter que c’était un bon choix, bien qu’elle ne soit pas une spécialiste des politiques monétaires. "Je crois qu’elle a démontré, à la fois à Bercy, mais surtout au FMI, qu’elle était parfaitement à l’aise avec ces problématiques financières internationales et monétaires. Je suis persuadé qu’elle fera une excellente présidente de la BCE".

Enfin, le Figaro explique que Christine Lagarde n’a pas une vision monétaire claire, et que son projet reste à construire, "pour le meilleur, comme pour le pire". Il conclut que "Christine Lagarde peut potentiellement achever le projet européen par des mauvaises décisions tout comme elle peut en faire un projet viable, durable et performant".

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