• Margaux Liagre

Portrait : Jacinda Ardern


C’est la deuxième femme au monde à avoir donné la vie au cours de son mandat. Jacinda Ardern a bousculé la diplomatie néo-zélandaise et s’est fait remarqué sur la scène internationale pour les nombreux changements qu’elle a provoqué.


Jacinda Ardern avec un drapeau de la Nouvelle-Zélande

Un parcours politique dès le plus jeune âge


Femme d’État néo-zélandaise, elle est devenue première ministre le 26 octobre 2017. Jacinda Ardern est la fille de Ross Arden, un haut-commissaire pour la Nouvelle-Zélande. Elle est élevée dans la foi mormone, jusqu’en 2000 où elle décide d’abandonner cette religion suite à des prises de position homophobes.

Elle obtient tout d’abord une licence de communication et, à l’âge de 17 ans seulement, entre dans les rouages du Parti travailliste. En 2003 et 2004, alors seulement âgée d’une vingtaine d’années, elle devient la vice-présidente des Jeunes travaillistes.

En 2006 Jacinda Ardern déménage à New York, où elle travaille en tant que bénévole pour donner la soupe populaire et pour une association de droits des travailleurs. Quelques mois plus tard, elle décroche un poste de conseillère chez Tony Blair, alors premier ministre britannique. La jeune femme est, par la suite, élue en tant que présidente de l’Union internationale de la jeunesse socialiste en 2008.

C’est cette même année que sa carrière politique démarre au sein de son pays : Jacinda Ardern entre à la Chambre des représentants et devient alors, à 28 ans, la plus jeune membre à entrer au Parlement (elle conservera ce titre jusqu’en 2010).

En 2017, c’est un nouveau record qu’elle obtient en étant la plus jeune personne élue au poste de vice-présidente du Parti travailliste. Quelques mois plus tard, elle est choisie pour remplacer Andrew Little, démissionnaire au poste de président du Parti, suite aux mauvais résultats de ce dernier. À 37 ans, Jacinda Ardern devient leader de l’opposition et la plus jeune cheffe que le Parti travailliste n’ait jamais connu en Nouvelle-Zélande. Les médias parlent alors de "Jacindamania" pour évoquer l’engouement et la popularité de provoque la jeune femme.

Lors des élections législatives du 23 septembre 2017, le Parti travailliste arrive en tête des suffrages avec 35,7% des voix. Jacinda Ardern forme une coalition avec les partis Nouvelle-Zélande d’abord ! et les verts. Elle est investie première ministre quelques jours plus tard.


Des mesures sociales et environnementales


Dès l’arrivée au pouvoir de cette coalition, un budget résolument social est établi avec une augmentation des dépenses en éducation et dans le domaine de la santé. Jacinda Ardern, aussi Ministre de la Sécurité nationale et du Renseignement, des Arts, de la Culture et du Patrimoine et Ministre des Enfants vulnérables s’engage à sortir plus de 64 000 enfants de la pauvreté. Pour satisfaire le Parti Nouvelle-Zélande d’abord !, la première ministre accepte de réduire le nombre d’immigrants de 25 000 par an.

La coalition annonce aussi vouloir renégocier l’Accord de partenariat Transpacifique visant à interdire aux étrangers d’acheter des terres sur le territoire national. Cette mesure vise à lutter contre la flambée des prix immobiliers et s’accompagne de la construction de 100 000 logements à prix abordables d’ici à 2027. De plus, les spéculateurs auront l’interdiction d’acheter les logements déjà existants.

D’un point de vue social, le nouveau gouvernement annonce un renforcement du service public en matière de santé mentale ainsi qu’une augmentation du salaire minimum horaire qui passera à 16,50$.

Sur le plan environnemental, la coalition de Jacinda Ardern va mettre en place un assainissement des rivières et des lacs pollués et a fixé un objectif de neutralité carbone d’ici quelques années. De plus, la première ministre a annoncé que le pays renonce à toute nouvelle exploitation pétrolière et gazière offshore.

Le défi des attentats de Christchurch


Le mandat de la jeune première ministre a été marqué par les attentats de Christchurch le 15 mars 2019. Cet attentat par un sympathisant d’extrême droite avait fait plus de 50 morts et de nombreux blessés.


Jacinda Ardern s'est présenté aux proches des victimes vêtue d'un voile

Jacinda Ardern a qualifié ce massacre "d’un des jours les plus sombre qu’ait connu la Nouvelle-Zélande" et a invité à la compassion pour les victimes. La femme d’État a fermement condamné l’idéologie des auteurs de ce crime. Lors de son discours devant le Parlement national, Jacinda Ardern a fait le choix de ne pas prononcer le nom du tueur et a commencé par des mots arabes : "Salam Aleikum" (La paix soit avec toi). Elle est apparue ce jour-là avec un voile cachant ses cheveux en hommage aux victimes de confession musulmane.

"C’est maintenant que nous devons agir"

Le jour même, elle a donné son accord de principe au durcissement de la légalisation sur les armes. Même Winston Peters, chef du Parti Nouvelle-Zélande d’abord !, jusqu’alors opposé à ce durcissement de la loi, estime que "notre monde a changé et nos lois feront de même".

Grossesse et mandat ne sont pas incompatibles


Seulement quelques mois après son investiture, Jacinda Ardern annonce sa grossesse le 19 janvier 2018, sur les réseaux sociaux. Elle explique alors qu’elle entend bien continuer de travailler pendant cette période et qu’elle ne prendra que 6 semaines de congés au terme de sa grossesse. C’est Winston Peters qui occupera son poste le temps de son absence.

Par cet acte, Jacinda Ardern devient la deuxième femme, après Benazir Bhutto en 1990 au Pakistan, à donner naissance pendant son mandat.

Le 24 septembre 2018, Jacinda Ardern attire l’attention internationale en emmenant sa fille âgée de 3 mois à l’Assemblée générale annuelle de l’Organisation des Nations unies. Elle devient alors la première dirigeante à emmener son enfant dans l’hémicycle.

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