• Margaux Liagre

Portrait : Jane Fonda


D’abord actrice et productrice américaine, Jane Fonda est devenue, au fil du temps une activiste et militante incontournable de la culture américaine. Retour sur le parcours d’une femme doublement oscarisée et qui s’est battue pour ses idées.


Photo John Russo

Une carrière cinématographique riche


Fille de l’acteur Henry Fonda et de sa seconde épouse Frances Ford Seymur, Jane Fonda grandit à New York. Alors qu’elle n’a que douze ans, sa mère, qui a déjà fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, se suicide.

Bettmann / Getty Image

Pour financer ses cours de théâtre, la jeune femme fait du mannequinat. En 1956, elle partira deux ans à Paris pour étudier l’art, avant de rentrer aux États-Unis.


Entre 1950 et 1960, Jane Fonda tourne environ deux films par an, qui marqueront les bases de sa carrière cinématographique. Elle recevra d’ailleurs le Golden Globes de la révélation féminine de l’année, en 1960 pour son rôle dans La tête à l’envers.


Quelque temps plus tard, elle obtiendra le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour son interprétation dans L’École des jeunes mariés. Mais, c’est l’adaptation de On achève bien les chevaux en 1969, qui fera faire décoller sa carrière internationale.


Dans les années 1970, Jane Fonda privilégie le cinéma d’auteur engagé, tout en se faisant un nom à Hollywood, sans se servir de la renommée de son père. En 1972, elle obtiendra un Oscar pour son rôle dans Klutte et un second, sept ans plus tard pour son interprétation dans Le retour.


En 1978, elle sort Jane Fonda’s Workout, un coffret de vidéos d’aérobic dont les revenus lui serviront à financer la carrière politiquer de son mari de l’époque, Tom Hayden.


Jane fonda met fin à sa carrière en 1990, avant de revenir sur les écrans en 2005 avec Jennifer Lopez dans Sa mère ou moi. Depuis 2015, elle s’affiche aux côtés de Lily Tomlin sur Netflix, dans la série Grace and Franckie.


Un engagement sans faille


Jane Fonda s’est fait connaître autant pour ses apparitions sur grand écran que pour ses engagement politiques.


Jane Fonda sur le siège d’un canon anti-aérien nord-vietnamien en juillet 1972 / Photo: AP

C’est en 1972 qu’elle crée la polémique, photographiée à Hanoï (Vietnam) sur le siège d’un canon anti-aérien nord-vietnamien, coiffée d’un casque militaire. La classe politique américaine s’insurge et voit en elle un symbole de l’anti-patriotisme. Quelques années plus tard, elle expliquera son geste : "Notre gouvernement nous mentait et des hommes mouraient à cause de cela, et je sentais que je devais faire tout ce que je pouvais pour dénoncer les mensonges et aider à mettre fin à la guerre". C’est suite à cet évènement qu’elle sera surnommée "Hanoï Jane".


Elle devient peu à peu l'une des figures engagées les plus importantes de l’Amérique des années 1960/1970. Elle soutient activement le mouvement afro-américain des droits civiques et défend Huey P. Newton, le leader américain des Black Panthers. Jane Fonda alerte également sur la situation catastrophiques des Amérindiens en Amérique et lutte pour le droit des femme, se disant féministe. Elle plaide également pour la légalisation de l’avortement.


Dans les années 2000, Jane Fonda critique l’administration Bush à propos de l’intervention militaire américaine en Irak et dénonce, sous cette même présidence, la mauvaise gestion des dégâts causés par le cyclone Katrina en 2005.


Cette même année, elle co-fonde le Women’s media center avec Robin Morgan et Gloria Steinem. Cette organisation vise alors à amplifier les voix des femmes dans les médias grâce aux plaidoyers, aux médias et au leadership.


Durant plusieurs années, l’actrice milite également pour la paix et la résolution du conflit israélo-palestinien.


Des arrestations pour sauver la planète


Ces dernières années, son combat s’est principalement porté sur la protection de l’environnement. Très critique envers Donald Trump et Justin Trudeau, Jane Fonda manifeste chaque vendredi depuis le 11 octobre devant le Sénat américain à Washington, dénonçant le déni du changement climatique.


Washington (Etats-Unis), le 1er novembre 2019. Jane Fonda amenée au poste de police par des agents. REUTERS/Siphiwe Sibeko

À plusieurs reprises, elle sera arrêtée et menottée par la police pour "trouble à l’ordre public". Malgré quatre incarcérations en un mois, Jane Fonda revient chaque vendredi sur le parvis pour faire entendre sa voix.


En septembre, l’actrice de 81 a décidé de déménager à Washington pour pouvoir agir là où les décisions sont prises. Jane Fonda affirme défendre le Green new deal, un programme ambitieux de défense de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Cette idée est soutenue également par certains députés démocrates comme Elizabeth Warren, par exemple.


« J’ai été inspirée par Greta Thunberg et les jeunes étudiants grévistes du monde entier. Nous faisons face à une crise qui pourrait déterminer si nos enfants et nos petits-enfants auront un avenir » déclare-t-elle.

Alors que l’actrice soufflera 82 bougies le 21 décembre, elle a d’ores et déjà affirmé qu’elle comptait les fêter sur le parvis du Hart Senate Office Building, aux côtés d’autres manifestants.

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