• Margaux Liagre

Portrait : Katherine Jonson


Mathématicienne et ingénieure spatiale américaine, c'est un maillon clé de la mission ayant permis à l’Homme de faire le premier pas sur la Lune en 1969. Katherine Jonson est saluée pour son expertise dans ce domaine et a été récompensée par de nombreuses distinctions. Elle est décédée le 24 février 2020 à l’âge de 101 ans. Retour sur ce parcours hors du commun.


Katherine Johnson a travaillé au Centre de recherche Langley (Virginie occidentale), de 1953 à 1986. NASA / AFP

De son vrai nom, Katherine Coleman Globe Johnson, naît le 26 août 1918 à White Sulphur Springs, en Virginie-Occidentale. Fille d’un bûcheron et d’une enseignante, elle est la cadette d’une fratrie de quatre enfants. Durant son enfance, elle montre rapidement un talent particulier pour les mathématiques, que ses parents l’encouragent à étudier. À seulement dix ans, elle intègre la West Virginia State College.


Quatre ans plus tard, Katherine Johnson obtient son diplôme du secondaire et intègre l’université de l’État de Virginie-Occidentale où elle obtient un doctorat en mathématiques. En 1937, à l’âge de 18 ans, elle obtient son diplôme de mathématiques et de français avec les distinctions du jury. Elle enseigne par la suite ces deux disciplines ainsi que la musique dans une école publique de Virginie.


Elle quitte son poste deux ans plus tard pour intégrer le programme de mathématiques de l’université de Virginie-Occidentale. Elle est la seule femme à être sélectionnée pour intégrer l’université, par le président de l’État, sur décision de la Cour suprême des États-Unis. Le domaine des mathématiques est difficile d’accès à l’époque pour les Afro-Américains, qui plus est quand ce sont des femmes.


En 1953, elle se voit proposer un emploi par le National Advisory Committee for Aeronautics, l’ancêtre de la NASA. Elle travaille alors pendant cinq années comme calculateur humain. Katherine Johnson se verra ensuite affectée à la division de guidage et de contrôle de la division de recherche en vol.


De 1958 jusque 1986, la mathématicienne travaille en tant que technologue en aérospatiale passant, durant ces années, par la branche de contrôle des engins spatiaux. En 1961, c’est elle qui effectue les analyses de trajectoire de lancement de la mission Freedom 7, lançant le premier Américain dans l’espace. L’année suivante, elle vérifie à la main les calculs de la première mission américaine envoyant un homme en orbite autour de la Terre.


Katherine Johnson aide, en 1969, à préciser les trajectoire de rendez-vous spatial entre le module de commande et le module lunaire Apollo durant la mission Apollo 11. En partie grâce à elle, la NASA remplit l’objectif fixé par le président Kennedy en 1961 : poser un équipage sain et sauf sur la Lune avant la fin des années 1960, dans le but de montrer la supériorité des États-Unis sur l’Union soviétique.


Une figure de la femme puissante


"J'ai tout compté. J'ai compté les marches menant à la route, les marches menant à l'église, le nombre de plats et d'argenterie que j'ai lavés… tout ce qui pouvait être compté, je l'ai fait" déclarait-elle en évoquant sa jeunesse.

Le président Barrack Obama remettra la médaille présidentielle à Katherine Johnson

En 2015, Katherine Johnson reçoit la médaille présidentielle de la Liberté de la part de Barrack Obama et sera, l’année suivante, intégrée dans la série des 100 femmes d’exception de la BBC. Elle fera l’objet d’un personnage de cinéma dans le dilm de Margot Lee Shetterly, Hidden Figures (Les Figures de l’ombre) mettant en scène Mary Jackson, Dorothy Vaughan et Katherine Johnson qui ont contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Elle y est interprétée par l’actrice Tajari Henson.


Tombées dans l’oubli comme de nombreuses femmes, ce film permet de leur rendre hommage. Car, sans elles, la NASA n’aurait pu faire décoller une fusée et envoyer l’astronaute John Glenn en orbite. À l’époque où la ségrégation et les inégalités hommes-femmes, ces femmes ont réussi à montrer que la compétence prévaut sur le sexe ou la couleur de la peau.


En 2019, elle reçoit la médaille d’or du Congrès par le Congrès des États-Unis, la plus haute distinction civile du pays. Elle récompense tout individu qui a réalisé une action ou service pour la sécurité, la prospérité ou l’intérêt national des États-Unis.

À l’annonce de sa mort, le patron de l’agence spatiale américaine, James Bridenstine a déclaré : "C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié". La NAACP, plus grande organisation de défense des Noirs aux Etats-Unis a, quant à elle affirmé que Katherine Johnson a permis "d’éliminer les barrières raciales et liées au sexe".


L’an dernier, une statue à son effigie a été inaugurée en Virginie-Occidentale, son État d’origine. La NASA lui avait également dédié une installation : un institut pour la vérification et validation indépendante à son nom, proche de l’université où elle a fait ses études. Ce programme continue de soutenir les vols spatiaux humains aujourd’hui.

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