• Margaux Liagre

Portrait : Ursula von der Leyen


Le 1er décembre, les nouvelles têtes des instances européennes ont pris leur fonction. On retrouve ainsi Charles Michel au Conseil de l’Europe, David Sassoli au Parlement européen ou encore Christine Lagarde à la Banque centrale européenne. Pour la première fois, la Commission européenne est dirigée par une femme : Ursula von der Leyen. Retour sur son parcours éclectique jusqu’à la tête de la plus grande instance européenne.



Des débuts dans la science


Ursula von der Leyen née en 1958 en Belgique, où elle passe son enfance. Elle côtoie l’école européenne, ce qui lui vaut d’être bilingue en allemand et français. Plus tard, elle passe cinq ans au Royaume-Uni et aux États-Unis, ce qui explique sa maîtrise de l’anglais. Ursula von der Leyen fait de l’équitation et pratique ce sport en compétition.


Son père, Ernst Albrecht était l’un des premiers fonctionnaires européens, travaillant, dès sa création, en 1958, à la Commission européenne.


Après avoir obtenu un abitur en mathématiques et en sciences, Ursula von der Leyen étudie les sciences économiques notamment à la London School of Economics. En 1980, elle entame des études de médecine et devient docteur onze ans plus tard. Entre 1988 et 1992, elle est médecin assistante en maternité.


Elle se marie en 1986 avec le médecin Heiko Von der Leyen, ensemble, ils auront sept enfants entre 1987 et 1999.


Dès 1996, Ursula von der Leyen rentre en Allemagne et, entre 1998 et 2002, elle devient assistante chercheuse.


Une ascension au sein de la CDU


Dès 1990, Ursula von der Leyen rejoint l’Union chrétienne démocrate d’Allemagne (CDU). Onze ans plus tard, elle obtient un mandat d’élue locale dans l’assemblée régionale de Hanovre. En 2003, elle est élue au Landtag de Basse-Saxe lors des élections régionales.


En 2005, Angela Merkel la nomme au sein de son équipe de campagne, en tant que chargée des questions sociales. Elle sera nommée, lors de la première coalition avec le SPD, ministre fédérale de la Famille, des personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse. Durant son mandat, elle fait augmenter le nombre de crèches pour permettre aux mères de concilier une carrière professionnelle avec l’éducation de leur enfant et elle met en place un salaire parental, d’environ 1 800€ par mois pendant les 14 premiers mois de l’enfant. Ursula von der Leyen met également en place une congé parental rémunéré de deux mois pour les pères et se dit favorable au blocage de sites internet de pédopornographie, ce qui lui vaudra le surnom de Zencursula (Censur-sula).


En 2009, elle devient députée fédérale au Bundestag, en remplacement de Franz Josef Jung au poste de ministre du Travail et des Affaires sociales. Durant son mandat, elle doit notamment faire face à l’invalidation de l’assurance chômage. Elle se montrera toutefois favorable à l’établissement d’un salaire minimum et défendra, en vain, l’instauration de quotas de femmes au sein des conseils d’administrations.


L’année suivante, elle est élue vice-présidente du parti d’Angela Merkel, ce qui fera émerger des rumeurs qui la projetaient comme la prochaine chancelière allemande.


En 2013, au sein du troisième cabinet Merkel, Ursula von der Leyen occupera le poste de ministre fédérale de la Défense, pour la première fois occupé par une femme. Pendant sa mission, elle organise un retrait progressif de l’armée allemande d’Afghanistan et refuse d’approvisionner l’Ukraine en armes. Elle enverra également 650 soldats allemands au Mali pour l’opération Minusma et décidera une réforme de l’armée pour la rendre plus attractive.


Toutefois, en 2019, Ursula von der Leyen a une côte de popularité inférieure à 35% et est considérée comme la deuxième personne la moins compétente du gouvernement.


Nomination à la Commission européenne


Le 2 juillet 2019, Ursula von der Leyen est proposée par le conseil européen pour être la prochaine présidente de la Commission européenne. Son nom sort afin de débloquer les négociations entre les différents dirigeants européens.


Bien qu’appartenant à l’aile gauche du Parti populaire européen (PPE), Ursula von der Leyen ne pourra pas compter sur le vote d’Angela Merkel, qui s’abstient devant l’hostilité du SPD, membre de son gouvernement.


Avec cette proposition, Ursula von der Leyen rompt avec le principe du spitzenkandidat qui consiste à proposer comme président de la commission, la tête de liste du parti européen arrivée en tête lors des élections européennes.


Lors de son discours devant le Parlement européen, l’ancienne ministre allemande a fait la promesse d’un Green Deal (plan d’investissement durable de 1 000 milliards de d’euros) pour faire de l’Europe le premier continent neutre. Elle a également promis une commission paritaire, la création d’un droit d’asile européen, un système de réassurance chômage et l’instauration d’un salaire minimum. Ursula von der Leyen souhaite aussi une taxation des multinationales présentes dans l’UE, un budget pour la zone euro et l’unanimité des États sur les dossiers fiscaux.


Ursula von der Leyen est élue le 16 juillet avec une faible majorité de 51,3% (383 votes pour, sur 747). Elle a pris ses fonctions le 1er décembre, pour cinq ans, marquant l’histoire en devenant la première femme à diriger cette instance.

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