• Margaux Liagre

Tensions entre les États-unis et l’Iran : récapitulons


Vendredi, le général iranien Qassem Soleimani a été tué par un raid américain en Irak. Il se trouvait alors dans un convoi de la Mobilisation populaire, une coalition de milices chiites accusée d’avoir attaqué une base militaire américaine.


Un manifestant brandit une image de l'Ayatollah Khamenei et du général Qassem Soleimani lors d'un rassemblement le 3 janvier 2020. WANA (West Asia News Agency)/Nazanin Tabatabaee

Les tirs de drone survenus dans la nuit de jeudi à vendredi avaient une cible bien précise : le convoi de membres de la Mobilisation populaire (Hachd Al-Chaabi, MP), une coalition de milices chiites maintenant intégrée à l’Etat irakien, qui transportait le général Qassem Soleimani. Cette attaque intervient dans une période d’escalade de tensions entre les États-unis et l’Iran. En effet, mardi matin, l’ambassade américaine à Bagdad avait été prise d’assaut par des combattants et de partisans du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires irakiens pro-iraniens.


Cette offensive était elle-même organisée en réponse à des bombardements américains envers des bases des Brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran en Irak qu'ils accusent d'être derrière des tirs de roquettes tuant un soldat américain le vendredi précédent. Ces bombardements ont provoqués 25 morts, principalement des Irakiens.


Ces attaques montrent bien que l’Irak semble être devenu le théâtre des violences entre les États-unis et l’Iran. La dernière en date a, toutefois, mis le feu aux poudres, dans une situation déjà très tendus. En effet, parmi les cinq morts de ces tirs américains, on retrouve le général Qassem Soleimani, devenu chef de l'unité d’élite des Gardiens de la Révolution, les forces Al-Qods. Figure centrale de Téhéran, le général Soleimani était en charge des opérations extérieures de la République islamique. Depuis 2018, son objectif était de former un gouvernement en Irak, pays dans lequel il exerçait une grande influence.


Qassem Soleimani n’est pas la seule victime de ces tirs américains. La MP a également annoncé la perte d’Abou Mahdi Al-Mohandes, leur numéro deux. Alors que la factions de paramilitaires a directement accusé les États-unis d’être responsable de la morts de ces deux figures fortes, le président américain a tweeté quelques heures plus tard un simple drapeau américain. Par la suite, le Pentagone a confirmé avoir "tué" le général Soleimani.


Mike Pompeo a toutefois affirmé vouloir la "désescalade" après ces frappes, ordonnées par Donald Trump "en réponse à des menaces imminentes pour des vies américaines". Les États-Unis ont même bénéficié du soutien d’Israël. Benyamin Netanyahou affirme en effet que "Qassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d'autres innocents et planifiait de nouvelles attaques".


Entre appels à la désescalade et appels à la vengeance


L’Ayatollah Khamenei, guide suprême de la République islamique a immédiatement promis de "venger" la mort du général, tout en déclarant un deuil national de trois jours dans le pays. "Il n'y a aucun doute sur le fait que la grande nation d'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle pour cet horrible meurtre" a précisé le président iranien, Hassan Rohani.


Alors que le président irakien, Bahram Saleh, a préféré lancer un appel "à la retenue", son Premier ministre, Adel Abdel Mahdi craint que cette attaque ne "déclenche une guerre dévastatrice en Irak".


Le chef du Hezbollah, mouvement chiite libanais, a, quant à lui, promis "le juste châtiment" aux "assassins criminels" responsables de la mort du général iranien.


Le pouvoir syrien et le mouvement islamiste Hamas palestinien ont, eux aussi, condamné les frappes américaines, regrettant "l'un des plus éminents chefs de guerre iraniens" et dénonçant une "grande escalade" de violence au Moyen-Orient.


Cette dernière attaque a provoqué l’affolement de nombreuses puissances dans le monde. Emmanuel Macron a ainsi convenu de rester en "contact étroit" avec son homologue russe afin "d’éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions". Vladimir Poutine estime que la mort de Soleimani risque de "sérieusement aggraver la situation" au Proche-Orient.


Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a pour sa part estimé que "le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe", tout en appelant "les dirigeants à faire preuve du maximum de retenue".


Du côté de l’Union européenne, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a demandé à "tous les acteurs impliqués et leurs partenaires (...) à faire preuve d'un maximum de retenue" afin de ne pas mettre en danger les années d’efforts pour stabiliser l’Irak. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont également fait preuve d’une "grande inquiétude" envers cette situation.


Pékin a exhorté "toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions", tandis que le Canada a réaffirmé : "Notre objectif est et demeure un Irak uni et stable".

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